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Commission Rouleau: une dizaine de minutes de français pour Justin Trudeau

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Dernier témoin appelé dans le cadre de la Commission sur l’État d’urgence vendredi, le premier ministre Justin Trudeau a livré une dizaine de minutes de réponses en français pour un total d’environ cinq heures de témoignage.

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Exception faite de Steeve Charland, leader du groupe anti-mesures sanitaires des farfadaas, M. Trudeau devient donc le témoin ayant le plus usé du français depuis le début des audiences au mois d’octobre, lors de laquelle la langue de Molière était bien marginale.

«Au Canada, quand c’est important, ça se passe en anglais», a lancé Geneviève Tellier, professeure de science politique à l’Université d’Ottawa. «On essaie de prendre notre place, ça ne marche pas.»

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau lors de son témoignage à la Commission Rouleau.
Photo AFP
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau lors de son témoignage à la Commission Rouleau.

Avant d’entamer son témoignage sous haute surveillance, M. Trudeau a choisi de prêter serment en français en tenant fermement dans ses mains une bible. Quelques échanges en français ont suivi avec l’avocate de la Commission, mais l’anglais est rapidement revenu au galop.

Mme Tellier y voit un «manque de leadership de la part de la commission et du commissaire» Paul S. Rouleau, un Franco-Ontarien, qui aurait pu, de par son choix d’avocats, par exemple, accorder plus de poids au français dans le cadre de cet exercice historique.

«Oui je veux bien croire que sa mission première c’est d’aller au fond des choses pour la Loi des mesures d’urgence, mais il représente quand même une commission nationale fédérale», dit la professeure en entrevue.

Des hauts fonctionnaires québécois et canadiens-français se sont exprimés exclusivement en anglais, malgré l’interprétation instantanée offerte à tous.

  • Écoutez la chronique politique provinciale et fédérale avec Antoine Robitaille, animateur de l’émission Là-Haut sur la colline à QUB radio, et Philippe-Vincent Foisy, animateur de l’émission matinale de QUB radio au micro de Benoit Dutrizac sur QUB radio :

«Ça a été révélateur. Quand des fonctionnaires francophones ne parlent qu’exclusivement en anglais, c’est que c’est la façon de faire à l’intérieur de la fonction publique», poursuit Geneviève Tellier.

«Ce qui a été malheureux à mon avis, c’est que dans un tel exercice public, c’est devenu un réflexe. On a tout fait en anglais, à part quelques exceptions. On semble tout à fait à l’aise à ne pas voir le problème, alors que c’est un problème de fond.»

Sur près de 70 témoins, les ministres Dominic LeBlanc et Anita Anand ont été les seuls avant vendredi à glisser quelques phrases en français, et ce, après la parution d’articles dans les médias mettant en relief l’enjeu.

Mona Fortier, présidente du Conseil du trésor et donc cheffe de la fonction publique fédérale, ne voulait pas dire plus tôt cette semaine si la marginalisation du français à la Commission était un reflet de la réalité de la fonction publique fédérale.

La ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, disait mardi qu’il y a «encore du travail à faire sur la question de la francisation de la fonction publique», tandis que le lieutenant du Québec Pablo Rodriguez estimait qu’il «pourrait y avoir plus de français».

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