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Psychologues du réseau de la santé: ça suffit l’intimidation!

ART-LILI BLUES-FLORENCE K
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI Florence K

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J’ai eu vent que les membres du conseil d’administration de la Coalition des psychologues du réseau public québécois (CPRPQ) ont reçu une mise en demeure du gouvernement, plus précisément de la part du Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS). 

En tant que militante pour la cause de la santé mentale et étudiante au doctorat en psychologie, je tiens à souligner que cette mise en demeure me perturbe grandement et nous appelle, mes co-signataires et moi, à encourager nos collègues au doctorat à faire preuve de solidarité en retenant leurs applications pour les stages et les internats en 2023.

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Les psychologues de la CPRPQ, qui luttent bénévolement pour améliorer l’accès aux soins en psychologie tout en travaillant dans le réseau public, sont maintenant menacées d’être traînées devant le tribunal. Ainsi, le CPNSSS nuit à leur propre mission et nuit à la population générale, puisque l’objectif principal de la CPRPQ est d’augmenter la disponibilité des psychologues dans nos écoles, nos hôpitaux, nos CLSC, nos centres de réadaptations et à la DPJ.

Revendications

Depuis bientôt 4 ans, la CPRPQ explique sur plusieurs tribunes que ce sont les conditions salariales et le manque d’autonomie professionnelle qui mènent à un exode des psychologues dans le réseau public. Ce sont pour ces mêmes raisons que le réseau public a des difficultés à recruter la relève. La CPRPQ suggère pourtant des solutions réfléchies et durables, mais autant le gouvernement que les syndicats semblent faire la sourde oreille. Parmi toutes les professions psychosociales, rappelons que seul·e·s les psychologues sont en décroissance dans le MSSS.

Actuellement, le CPNSSS accuse la CPRPQ de miner l’accessibilité aux services psychologiques. Or, c’est tout le contraire : la CPRPQ se pose en alliée auprès du CPNSSS en réitérant l’importance de ne pas quitter le réseau public. Plusieurs psychologues ont décidé d’éviter la surcharge de travail qui mène à des épuisements professionnels et à des démissions – surcharge qui est typique de la supervision de stages. Après tout, vaut mieux une psy fonctionnelle qui rend des services à la population qu’une psy épuisée qui tente de superviser une étudiante qui ne fait que commencer dans un métier complexe. De plus, le code de déontologie des psychologues stipule explicitement que les psychologues doivent juger de leur compétence et de leur capacité à superviser et ce, afin de protéger le public.

Obstacles dans le réseau

Au cours des dernières années, la CPRPQ a fait grandir l’espoir des aspirants à la profession et à augmenter leur motivation à travailler dans le réseau. Constater que le CPNSSS, avec son budget et ses ressources quasi illimitées, attaque un petit organisme à but non lucratif entièrement mené par des bénévoles, nous fait questionner notre désir de mettre les pieds dans le réseau. Ironiquement, par cette même action, le CPNSSS avoue de son plein gré combien le réseau dépend de l’exploitation des doctorants en psychologie pour répondre aux besoins de la population.

Arrêtons cette intimidation contre une profession indispensable dans notre réseau public, qui, rappelons-nous, est assurée à presque 80% par des femmes. Nous militons pour des milieux qui prennent soin de leur personnel et qui optent pour des valeurs humaines comme la collaboration plutôt que l’intimidation. Valeurs que ne semble pas partager le CPNSSS avec cette mise en demeure à leurs alliés de la CPRPQ.

Le gouvernement n'est-il pas censé travailler pour améliorer l’accès aux psychologues dans le réseau public ? En ce moment, il fait tout le contraire, au détriment de la population.

Florence K, artiste et étudiante au doctorat en psychologie (Psy.D./Ph.D)

Nessa Ghassemi-Bakhtiari, étudiante au doctorat en psychologie (Psy.D./Ph.D)

Méliza Gagnon, étudiante au doctorat en psychologie (Psy.D./Ph.D)

Jérémiah Schenk, étudiant au doctorat en psychologie (Psy.D./Ph.D)

Claudelle Baillargeon, étudiante au doctorat en psychologie (Psy.D.)

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