/news/green
Navigation

Île d’Orléans: une facture salée pour des riverains laissés à eux-mêmes

Des élus de l’île d’Orléans réclament des subventions pour aider les citoyens

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Grégoire Teyssier a déboursé près de 20 000 $ en 2013 pour des travaux d’enrochement lorsque le mur de béton qui protégeait la berge, en face de chez lui, s’est affaissé, à Saint-François.

Coup d'oeil sur cet article

Privés d’aide financière, des citoyens riverains qui sont appelés à sécuriser les berges sur leurs terrains privés risquent d’hésiter longtemps avant de se lancer dans un chantier complexe et coûteux.  

• À lire aussi: Île d’Orléans: l’érosion des berges inquiète les élus

Parlez-en à Grégoire Teyssier, un résident de l’Anse Verte à Saint-François qui a dû débourser environ 20 000 $, il y a neuf ans, pour des travaux imprévus à la suite de l’affaissement de son vieux mur de béton construit dans les années 1950 par le fédéral. 

Ses voisins, qui ont aussi subi le même sort, croyaient leur mur indestructible, mais dame Nature s’est chargée de leur rappeler qu’elle a toujours le dernier mot.

« Rétrospectivement, ce qui me choque, c’est de voir que des gens qui ont eu des problèmes ailleurs sur le fleuve ont été dédommagés par la sécurité civile. Nous, on n’a eu strictement aucune aide », raconte-t-il.

Lorsque son mur est tombé, il venait à peine d’acheter sa propriété, une « bicoque à rénover » en bordure du fleuve.

« Ici, ils m’ont appelé le sorcier pendant longtemps. Quand j’ai assisté à la première réunion de la copropriété du chemin, un samedi, j’ai posé une question très naïve : “Si jamais le mur tombe, qu’arriverait-il ?” Tout le monde est parti à rire. Dans la nuit du samedi au dimanche, le mur est tombé ! » affirme-t-il.

Parcours du combattant

Un parcours du combattant s’est alors enclenché. À l’île d’Orléans, un site patrimonial protégé, tout est plus compliqué.

Les demandes de permis pour effectuer des travaux de ce genre doivent être approuvées par la municipalité, la MRC et... le ministère de la Culture.

Parfois, le ministère de l’Environnement et Pêches et Océans Canada s’en mêlent.

« On est allés chercher des soumissionnaires, il fallait faire de l’enrochement. Les roches à l’île d’Orléans, c’est bien difficile à trouver », relate M. Teyssier.

« Le ministère de l’Environnement est arrivé et ce n’était pas simple. On ne pouvait pas redresser le mur et on n’avait pas le droit de bétonner. Aucune pelle mécanique ou engin avec de l’essence ne peut rouler sur la grève. Ça a été long et pénible », ajoute-t-il.

D’autres murs à risque

Des murets en fin de vie comme le sien, construits avec des matériaux de mauvaise qualité à l’époque et cédés par Ottawa aux citoyens, il y en a beaucoup du côté sud de l’île.

« Le fédéral, il ne veut rien savoir. Chaque citoyen est pris pour faire ses démarches. Là, ce que je veux faire avec [le ministre responsable de la Capitale-Nationale] Jonatan Julien, c’est peut-être mettre en place un programme de soutien », évoque la préfète de la MRC de L’Île-d’Orléans, Lina Labbé.

Elle se désole que des citoyens soient ainsi laissés à eux-mêmes.

« Les citoyens, ils ne sont pas tous riches et n’ont pas tous les moyens pour faire de gros murets en béton. Comment on peut les aider ? C’est ça qu’il faut voir », renchérit Hamida Hassein-Bey du comité ZIP de Québec et Chaudière-Appalaches. 

Un projet pilote de « génie végétal »à Saint-François 

Pas moins de 560 mètres de rives ont fait l’objet de travaux de restauration au camp Saint-François dans les dernières semaines pour contrer l’érosion.

Le site, fréquenté par des jeunes l’été, avait été endommagé par les grandes marées et avait été jugé « prioritaire » par la Municipalité de Saint-François et le Comité ZIP de Québec et Chaudière-Appalaches.

Des techniques de « génie végétal » ont été employées dans le cadre d’un projet pilote pour redonner à la rive un aspect plus naturel.

L’enrochement a été combiné à l’ensemencement d’espèces indigènes qui ne pousseront pas trop haut et ne cacheront pas la vue sur le fleuve.

« On consolide la rive en végétalisant. On a hâte de voir ce que ça donne et on espère que ça va être concluant », a confié Hamida Hassein-Bey, du Comité ZIP. Près de 1000 arbustes et végétaux ont été plantés.

La végétalisation des berges doit être préconisée partout où c’est possible, fait-elle valoir, rappelant que les racines ont un effet protecteur.

Quebec
Photo Steven Leblanc

Les riverains devraient idéalement laisser une bande végétale de 5 mètres et éviter de tondre la pelouse jusqu’au bord de l’eau. 

Sur la photo, la mairesse de Saint-François-de-l’Île-d’Orléans et préfète de la MRC de L’Île-d’Orléans, Lina Labbé, et Hamida Hassein-Bey.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.