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Pénurie de médicaments: un chemin de croix pour soigner la pneumonie de son fils

Les hôpitaux pleins et les pharmacies vides ont compliqué le rétablissement de son enfant

Emer O’Toole pose avec son fils de 
15 mois, qui se porte mieux. La jeune 
maman vient de vivre toute une semaine.
Photo fournie par Emer O’Toole Emer O’Toole pose avec son fils de 15 mois, qui se porte mieux. La jeune maman vient de vivre toute une semaine.

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L’acharnement pénible d’une mère de deux enfants, devenu viral sur les réseaux sociaux, a mis en lumière de façon frappante à quel point le Québec peine à soigner ses jeunes enfants.

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« Je ne me serais jamais imaginé que ce soit possible au Canada, en 2022 », explique au Journal Emer O’Toole, la maman de deux garçons d’un an et trois ans. 

Les propos de la jeune maman sont devenus viraux sur Twitter après qu’elle se fut mise à énumérer en détail toutes les étapes par lesquelles elle est passée, tout d’abord avec son fils de 3 ans et ensuite avec celui de 15 mois. 

De la pénurie de médicaments en pharmacies aux heures d’attente interminables dans les salles d’urgence, Mme O’Toole a été confrontée à plusieurs facettes du système de santé. 

« On sait qu’il y a des problèmes [avec le système de santé], mais de les vivre, c’est une tout autre réalité », a -t-elle ajouté.

Un message puissant

Les publications dans lesquelles la mère de famille relatait les difficultés qu’elle a rencontrées ont cumulé des milliers d’interactions.

De nombreux parents lui témoignaient leur soutien alors que d’autres mentionnaient être dans la même situation. Après avoir passé des heures à attendre dans trois urgences, une clinique et un CLSC, la jeune maman a décidé d’expliquer en détail la semaine qu’elle venait de vivre.

« C’est vraiment important d’en parler parce que la situation actuelle pourrait avoir des conséquences très graves [...] je ne comprends pas qu’une situation comme celle-là puisse arriver dans une société comme la nôtre », déplore Emer O’Toole.

Attente aux urgences 

Mme O’Toole a mentionné au Journal avoir toujours reçu un très bon service de la part du personnel de l’Hôpital pour enfants de Montréal, mais que lors de sa dernière visite, la situation était vraiment accablante. 

Dans une salle d’attente pleine à craquer, toutes les chaises étaient prises, les parents tentaient de faire de la place aux nouveaux patients qui arrivaient. 

« Il y avait des annonces à l’interphone pour dire aux parents de cesser de demander les délais, qu’il y avait une vingtaine d’heures d’attente pour les cas non urgents », explique-t-elle à propos de l’hôpital où sa famille a pourtant l’habitude d’aller et où le personnel soignant a toujours été à la hauteur.

Hors de danger 

Bien que toute la famille se porte mieux, Emer O’Toole appréhende tout de même la suite de l’hiver. Comme dans le cas de plusieurs parents, la COVID, la grippe et les nombreux virus en circulation la préoccupent particulièrement. 

« Je suis terrifiée pour mon plus jeune parce qu’il est asthmatique et c’est sa troisième crise depuis le début de l’été », a-t-elle ajouté. 

Son pénible parcours à obstacles 

À la mi-novembre 

Le plus vieux garçon d’Emer O’Toole revient de la garderie avec une gastro et de la fièvre. La maman se rend en pharmacie afin de mettre la main sur des médicaments en vente libre pour son fils de 3 ans, en vain. Le pharmacien lui propose des comprimés pour adultes préalablement coupés qu’elle va administrer à son jeune en les mélangeant à de la purée.  

Le 21 novembre 

Elle se rend à l’Hôpital pour enfants de Montréal avec son fils de 15 mois cette fois-ci. L’enfant asthmatique souffre d’une importante fièvre et de problèmes respiratoires. Dans une salle d’attente bondée, elle attend plus d’une heure trente avant de s’en aller. Son fils ne s’est même pas rendu à l’étape de l’enregistrement. 

Le lendemain  

Elle obtient une place pour le petit au CLSC où pratique son médecin de famille. On l’informe qu’elle doit se rendre à l’hôpital afin qu’on lui fasse une radiographie des poumons. Une fois arrivée à l’Hôpital Jean-
Talon, l’enregistrement et le triage se font très rapidement, mais elle attend ensuite cinq heures dans une salle d’attente peu active. Épuisée, elle part aux petites heures. 

Le 24 novembre 

Elle obtient une place pour une radiographie dans une clinique semi-privée. Un médecin la rappelle la journée même pour l’aviser qu’elle doit se rendre d’urgence à l’hôpital. 

Dans ce troisième hôpital. 

Elle apprend que son fils a une pneumonie et qu’il doit impérativement commencer la prise d’antibiotiques. 

Emer O’Toole se rend dans une pharmacie pour faire préparer la prescription de son fils, mais le médicament prescrit n’est actuellement pas disponible. Elle doit se rendre dans une autre pharmacie pour finalement trouver des comprimés.

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