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Cri du cœur d’une future prof découragée: «Cet examen de français n’est pas adapté à notre époque»

Cri du cœur d’une future prof découragée: «Cet examen de français n’est pas adapté à notre époque»
Photo tirée de la page Facebook de Mathilde Laliberté

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Ce matin, les mots me manquent... Pourtant, ceux et celles qui me connaissent savent très bien que j’ai la parole facile.

Je viens tout juste d’ouvrir la lettre des résultats de mon dernier essai au TECFÉE, le test de certification en français écrit pour l’enseignement. 

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J’entends mon père me dire au téléphone: «Mathilde, il n’y a rien qui n’arrive pour rien.» Cette citation m’a longtemps et souvent apaisée. Ce matin, elle ne fait que me réduire en miettes.  

C’est inacceptable qu’autant d’étudiants se retrouvent dans cette situation. Nous sommes forcés de mettre nos études sur pause en raison de quelques pourcentages manquants seulement, sur un examen qui n’est même pas représentatif de nos compétences à enseigner.  

La grande incohérence

Je n’arrive pas à concevoir que malgré les pénuries qui courent les rues, nous ne pourrons pas mettre les pieds dans les écoles. La plus grande incohérence de notre système d’éducation: il est possible de rapidement trouver un emploi dans une école, sans être diplômé, mais les enfants seront privés d’un corps enseignant avec une expérience optimale.  

Le message véhiculé derrière cette faille: notre système d’éducation préfère diplômer des enseignants qui connaissent les expressions d’antan plutôt que des enseignants compétents. 

La pénurie en éducation est plus inquiétante que jamais. Je crois que la langue française est une richesse incroyable et que nous nous devons de la protéger. Mais est-il est vraiment nécessaire de nous faire apprendre autant de définitions et d’expressions désuètes?  

Cet examen n’est pas adapté à notre époque.  

  • Écoutez l'entrevue deGuillaume Lavoie et de Caroline Fournier, instigatrice du mouvement pour la réforme du TECFÉE, sur les ondes de QUB Radio :

Je suis persuadée que mes camarades et moi serons des enseignants passionnés, dévoués et inspirants. Par contre, ce matin, les étudiants en enseignement sont fatigués, découragés, mais surtout, démotivés. 

POUR LE FUTUR DE NOS ENFANTS, IL FAUT QUE ÇA CHANGE.


Mathilde Laliberté
Étudiante en enseignement
Université du Québec en Outaouais

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