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Investisseurs inculpés aux États-Unis: des scandales à profusion chez Loop Industries

Les récentes accusations contre d’anciens investisseurs ont été précédées par de nombreuses controverses

Daniel Solomita,
Capture d'écran TVA Nouvelles Daniel Solomita, le grand patron de Loop Industries, au moment de l’annonce d’un appui financier de 4,6 millions de dollars de l’État québécois, en septembre 2019.

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À tort ou à raison, Loop Industries de Terrebonne continue d’attirer l’attention des autorités américaines. Et les toutes dernières accusations, portées par le FBI cette fois, s’ajoutent à d’autres révélations qui continuent de susciter des doutes à son endroit.

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En entrevue avec Le Journal, le président de Loop Industries, Daniel Solomita, nie la moindre implication dans cette affaire de conspiration, de fraude et de blanchiment d’argent impliquant d’importants investisseurs et un ancien membre de son CA.

« Loop n’est pas impliquée du tout [dans cette histoire]. Personne de chez nous n’est impliqué. On n’a rien à faire là-dedans, a-t-il soutenu à plusieurs reprises hier. Pour nous, c’est un non-événement. Ça change absolument rien pour nous. »

N’empêche, ce n’est pas la première fois que cette jeune entreprise, soutenue par Québec en 2019, avec une aide publique de 4,6 millions $, attire l’intérêt d’enquêteurs spécialisés dans les crimes économiques.  

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Sous l’œil de la SEC et de la GRC

On se rappellera par exemple qu’en octobre, la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine, avait agité le drapeau rouge en déposant une poursuite contre les quatre mêmes individus, dont un ex-membre du CA de Loop, pour des délits dont aurait bénéficié Daniel Solomita. 

D’après la SEC, au terme d’une enquête à laquelle ont collaboré l’Autorité des marchés financiers (AMF) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC), M. Solomita aurait reçu plus de 400 000 $ US de profits tirés de gestes allégués (manipulation du marché, conduite trompeuse, fausses déclarations) et impliquant des sociétés offshore entre 2014 et 2018.

Des doutes sur sa technologie

On se souviendra également qu’il y a deux ans, la société américaine Hindenburg Research avait publié un rapport accablant questionnant la viabilité de la technologie proposée par Loop Industries. S’appuyant sur les témoignages d’ex-employés, les conclusions de la société spécialisée dans la vente à découvert avaient fortement ébranlé l’entreprise en Bourse.

Qu’à cela ne tienne, des géants tels que le français Suez et le sud-coréen SK Global Chemical ont quand même conclu des partenariats avec Loop par la suite. 

Juteux profits à Bécancour

En mai, Loop a fait l’acquisition — pour 5,9 M$ — d’un terrain dans le Parc industriel de Bécancour, propriété du gouvernement du Québec. 

Seize mois plus tard, en septembre 2022, Loop revendait la moitié du même terrain pour 11,4 M$, encaissant un généreux profit au passage. 

M. Solomita a refusé hier de nous indiquer quand son usine y serait construite. En attendant, révélait Le Journal en juillet, Loop cherche — par l’entremise de lobbyistes — à échapper aux procédures normales d’évaluations environnementales en tentant de faire modifier la Loi québécoise sur la qualité de l’environnement.

–Avec Philippe Langlois, du Bureau d’enquête

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