/misc
Navigation

Discours inaugural: saura-t-on ce que Legault veut continuer?

Coup d'oeil sur cet article

Continuons. Le slogan était d’une simplicité désarmante.

Certains lui ont reproché de manquer d’originalité, d’autres y ont vu le signe d’un gouvernement à court d’idées. Pourquoi innover quand les Québécois nous font déjà confiance ?

Et pourtant, le discours inaugural du premier ministre sera l’occasion d’étayer toute la complexité qui se cache derrière ce mot si simple, continuons.

Car François Legault a une chance incroyable, le temps. Le dernier premier ministre du Québec à avoir joui d’un tel privilège, deux mandats majoritaires consécutifs, est Robert Bourassa !

Opportunité inouïe que d’avoir la marge de manœuvre de mener enfin à bien ses cinq priorités : l’économie, l’environnement, la santé, l’éducation, la langue. Avec ce luxe du temps vient aussi une lourde responsabilité : l’obligation de résultat.

Après les réformes

La pandémie aurait volé deux ans à François Legault. Dans les faits, son gouvernement a jeté les bases de réformes importantes.

Il faut maintenant les mettre en œuvre. Dans les faits, donc, le plus difficile reste à faire.

Quand la pédiatre en chef de l’Hôpital de Montréal pour enfant craint d’échapper un enfant par manque de lits, on saisit l’ampleur de la catastrophe qui nous pend au bout du nez.

Les résultats mitigés de la cellule de crise du ministre Christian Dubé illustrent à quel point l’implantation de son grand plan sera périlleuse. Et, au-delà du crêpage de chignons avec Ottawa, nationalisme ou pas, François Legault a l’obligation de gagner un financement de la santé stable à long terme.

La même logique tient pour ses autres grands chantiers comme celui devant résoudre la pénurie de main-d’œuvre dans les écoles . Le nouveau ministre de l’Éducation en a laissé plusieurs sur leur appétit.

C’est l’essence même de la vision Legault qu’il devra ainsi mettre en œuvre. Trouver comment embaucher suffisamment de personnel, orthopédagogues, orthophonistes et autres pour que notre système d’éducation identifie et prenne en charge les enfants ayant des difficultés d’apprentissage au plus jeune âge.

Et les CPE ! Il aura fallu quatre ans pour trouver comment renchausser le réseau. Encore faut-il construire, ouvrir, recruter. 

Et que dire de la sauvegarde de la langue française ? Quand François Legault fixe l’objectif de rehausser le nombre de francophones à Montréal, la barre est haute.

C’est l’immigration, la formation, les études supérieures, le développement économique que le nouveau ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, devra mettre à contribution pour résoudre ce problème existentiel.

  • Écoutez la rencontre Latraverse-Dumont diffusée chaque jour en direct 17 h via QUB radio :

S’enrichir vert

Reste la grande obsession de François Legault, l’écart de richesse avec l’Ontario.

D’une approche quasi-comptable durant son premier mandat, il propose maintenant une vision plus large articulée autour de la transition énergétique.

Le concept est séduisant. S’enrichir au lieu de s’appauvrir. Gagner au lieu de renoncer. Transformer la crise climatique en opportunité plutôt qu’en un problème à surmonter.

C’est donc une vaste politique industrielle que doit maintenant articuler François Legault, un peu à l’image de celle de l’administration Biden aux États-Unis. Un virage vert sans le dogmatisme qu’on associe souvent à la cause.

De grands chantiers, de grandes ambitions, pour le grand luxe d’un deuxième mandat majoritaire. Le devoir d’une grande discipline.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.