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Fraudé et négligé par sa banque: la BMO le prive d’accès à son propre argent depuis 37 jours

Le jeune homme de 33 ans affirme que la banque l’a totalement laissé à lui-même

GEN - JONATHAN LABRIE DUMOULIN
Photo Martin Alarie Jonathan Labrie Dumoulin est découragé par le peu de résultats de ses nombreuses démarches pour être indemnisé.

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Un jeune père de famille n’a plus accès à son argent depuis 37 jours et ne peut plus faire face à ses obligations financières depuis que son compte de la BMO a été bloqué en raison d’activités suspectes.

Jonathan Labrie Dumoulin a multiplié les visites à la banque au cours des dernières semaines afin d’être indemnisé et de récupérer l’accès à ses fonds. Devant la lenteur et le manque de collaboration, il a décidé d’ouvrir un nouveau compte chez la Banque Nationale, ce qui lui permettra enfin de toucher sa paie cette semaine.

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«La banque me faisait sentir que c’était ma faute et je dois prouver que ce n’est pas moi qui ai fraudé. Je me sens découragé et j’ai peur de ne jamais revoir mon argent», dit l’homme de 33 ans, qui a déposé une plainte pour fraude à la police de Granby.

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Photo Martin Alarie

Le cauchemar a commencé le matin du 24 octobre, quand une transaction au dépanneur a été refusée. Jonathan a vérifié son compte bancaire et a réalisé qu’un pirate avait été très actif dans la nuit : trois chèques de 1182,09 $, 2182,09 $ et 4182,09 $ y avaient été déposés, puis des dizaines de petits virements au nom d’OUBLA avaient été effectués. Il y a aussi eu un paiement de 522 $ chez Bell et une transaction de 3146 $ chez RockAuto. 

Sans ressource

Le jeune homme s’est immédiatement rendu à sa banque, à Granby. Son dossier devait être envoyé au Centre antifraude du Canada (CAFC) pour que la lumière soit faite, mais ça n’aurait été fait qu’après trois jours. 

«Je pensais que ça allait se régler vite avec l’assurance antifraude, mais ça a été le début du bordel», relate le père de deux jeunes enfants, qui ne peut plus payer son hypothèque, sa facture d’électricité, ni ses cartes de crédit. 

Jonathan Labrie Dumoulin affirme que la BMO ne rend jamais ses appels et que c’est lui qui se démène pour obtenir de l’information sur son dossier. À quelques reprises, il a fait le trajet Montréal-Granby pour aller à la banque. On lui avait dit que l’enquête prendrait une dizaine de jours. Mais après 30 jours d’attente, on lui a demandé de fournir une analyse antivirus de son ordinateur afin que l’enquête puisse se poursuivre.

GEN - JONATHAN LABRIE DUMOULIN
Photo Martin Alarie

«Ça faisait 30 jours que je vivais sans argent et là, il fallait que je paie pour faire vérifier mon ordinateur? Je n’en revenais pas ! Et en plus, je me suis fait dire que je devais utiliser ma débrouillardise!» raconte celui qui travaille comme téléphoniste.

Enquête policière

Il a fait faire l’analyse de son Mac le 25 novembre. Il attend toujours un suivi de la banque, qui a effacé les faux dépôts de chèques de son compte, de même que six des virements du pirate, mais sans fournir de détails. 

Chez BMO, on indique que le délai de traitement d’un problème peut varier selon sa complexité. 

«Comme la fraude par téléphone et la criminalité numérique sont en hausse, il est important de se rappeler que la protection des comptes se fait grâce à un partenariat entre les clients et leur banque», a indiqué la directrice des relations medias, Marie-Catherine Noël. Elle ajoute que la banque n’appelle jamais les clients pour leur demander des renseignements sur leur compte, leur mot de passe ou leur numéro d’identifiant personnel. 

En cas d’attaque, il est recommandé de communiquer immédiatement avec sa banque pour faire geler le compte ou la carte. Si on souhaite l’ouverture d’une enquête criminelle, il faut porter plainte à la police. 

Les pirates adorent toute la période des emplettes des Fêtes 

La vigilance est de mise en tout temps, mais particulièrement à l’approche des Fêtes, alors que les pirates sont encore plus actifs. 

«Ils essaient d’aller chercher un peu d’informations sur vous de diverses façons et quand ils en ont assez, ils attaquent. Ça devient très difficile de démontrer à la banque que ce n’est pas vous le fraudeur, parce qu’ils se sont connectés avec votre numéro de carte et votre mot de passe, comme s’ils entraient chez vous avec la clé», observe Simon Fontaine, expert en cybersécurité et président d’ARS Solutions.

Parmi les moyens privilégiés par pour soutirer des informations: les applications gratuites peu sécurisées, sur lesquelles on peut avoir donné beaucoup de détails sur soi, les courriels et les textos d’hameçonnage. 

Ils misent sur l’urgence

Sans commenter un cas en particulier, les policiers observent une panoplie de stratagèmes.

«Les fraudeurs misent souvent sur l’urgence et vous demandent beaucoup d’informations, par exemple pour débloquer un compte. C’est un piège», souligne le porte-parole de la police de Granby, Guy Rousseau.

Pour se protéger: éviter les codes ou mots de passe faciles, comme les dates d’anniversaire, adresse ou prénom. Et, il faut les changer régulièrement, puis vérifier souvent les transactions dans ses comptes bancaires.

Aussi, ne conservez aucune information sensible dans votre téléphone. 

«Un hacker qui entre dans le réseau informatique d’une entreprise y reste en moyenne pendant 160 jours et de là, il peut entrer dans votre téléphone, puisqu’il y a des connexions à partir des boîtes courriel. Vos informations sont partout», met en garde M. Fontaine.

Enfin, il faut toujours fermer sa session en ligne lorsqu’on a fini d’utiliser les services bancaires. Et protéger son téléphone avec un mot de passe. 

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