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La Fed pourrait ralentir les hausses de taux, mais le travail est loin d'être fini

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Photo AFP

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Les taux d'intérêt de la Fed devraient désormais augmenter moins vite, mais la lutte contre l'inflation est loin d'être terminée, selon le patron de la Banque centrale, qui a aussi laissé entendre qu'un atterrissage en douceur de l'économie était encore « très plausible ». 

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« Le moment de ralentir le rythme des hausses de taux pourrait intervenir dès la réunion de décembre », a déclaré le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, mercredi dans un discours prononcé à la Brookings Institution, à Washington.

L'épisode des hausses du taux directeur de trois-quarts de point de pourcentage, bien supérieures à l'habituel quart de point, et qui n'avaient, avant le mois de juin, pas été utilisées depuis 1994, pourrait donc bientôt se clore.

La prochaine réunion de la Fed est prévue les 13 et 14 décembre.

Le président de la Fed s'est par ailleurs montré plus optimiste que quelques semaines plus tôt, sur la santé de l'économie américaine dans les mois à venir.

Il a ainsi estimé qu'un « atterrissage en douceur », qui verrait l'inflation rentrer dans les clous sans faire plonger les États-Unis dans la récession, est « très plausible », alors qu'il avait expliqué, début novembre à l'issue de la réunion du Comité monétaire (FOMC), que la voie pour y parvenir s'était rétrécie.

Ces propos ont réjoui Wall Street, et fait immédiatement bondir le Nasdaq de plus de 3%.

« Incertitude considérable »

Pour autant, le président de la puissante institution a prévenu que le travail était loin d'être terminé: « l'inflation reste bien trop élevée », a-t-il martelé.

Il a souligné que l'indice PCE de l'inflation, baromètre préféré de la Fed et dont les chiffres d'octobre seront publiés jeudi, est attendu à 6,0% sur un an, en léger ralentissement par rapport aux 6,2% de septembre.

L'autre indice d'inflation, le CPI, qui fait référence et est utilisé pour indexer les retraites, a ralenti à 7,7% sur un an en octobre, contre 8,2% en septembre.

« Les mois bas dans les données sont souvent suivis de rebonds », a cependant alerté Jerome Powell.

Par conséquent, le comité de politique monétaire, organe de décision de la Fed, anticipe « que de nouvelles hausses seront appropriées », a-t-il averti. Il est « probable » que les taux doivent rester élevés « pendant un certain temps », a-t-il aussi prévenu.

M. Powell n'a en revanche pas précisé jusqu'à quel niveau il faudrait faire grimper ces taux au jour le jour, qui se situent actuellement dans une fourchette de 3,75 à 4,00% après être partis de zéro en début d'année.

« Il existe une incertitude considérable quant au taux qui sera suffisant » pour dompter l'inflation, a-t-il commenté.

« Petits pas »

Plus tôt mercredi, une autre responsable de la Fed, la gouverneure Lisa Cook, avait elle aussi estimé qu'« il serait prudent d'y aller à plus petits pas », soulignant qu'après les hausses de taux déjà opérées, « l'impact de la politique monétaire prendrait du temps ».

Elle ne s'était pas non plus aventurée à préciser quel serait le taux idéal à atteindre: « on ne le saura qu'avec le temps en observant comment l'économie évolue », avait-elle simplement indiqué.

Un des ses collègues, James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, membre votant également cette année au Comité monétaire, avait estimé mardi que ce taux final devrait se situer à 4,9%, ce qui implique de nouvelles hausses.

La Fed relève le coût de l'argent depuis le mois de mars afin de lutter contre la forte inflation aux États-Unis.

Avant la prochaine réunion, les membres de la Fed auront eu à leur disposition les derniers chiffres du chômage, qui seront publiés vendredi. Le taux de chômage est attendu stable en novembre, à 3,7%, avec un ralentissement des créations d'emplois.

Les embauches dans le secteur privé ont fortement ralenti en novembre, enregistrant même le plus fort ralentissement depuis près de deux ans, selon l'enquête mensuelle ADP/Stanford Lab publiée mercredi.

Quant à la croissance du PIB (produit intérieur brut) au troisième trimestre, elle a été un peu plus forte qu'initialement annoncé, à 2,9% en rythme annualisé, selon une deuxième estimation publiée mercredi également.

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