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Patinoire réfrigérée Bleu Blanc Bouge: Jackie Smith dénonce «une dépense de luxe»

Quebec
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

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Offerte à la Municipalité, la patinoire réfrigérée que la Ville de Québec compte installer au parc Victoria est tout de même «une dépense de luxe» et «un gaspillage» qui tombent mal dans ce contexte de crise de logement et de crise de l’itinérance, a déploré la conseillère municipale Jackie Smith. 

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«Le peuple demande du pain et des logements et le maire répond : Qu’ils patinent», a tonné la cheffe de Transition Québec dans une entrevue avec le Journal, mercredi matin, en marge des comités pléniers à l’hôtel de Ville de Québec. 

D’après elle, «il faut répondre aux besoins de base de nos citoyens avant de faire des dépenses de luxe. J’habite dans les quartiers centraux. Même si les patinoires sont tout le temps pleines, il y a quand même un immense accès. Dans mon quartier, dans un rayon de 700 mètres, il y a trois patinoires». 

La conseillère du district Limoilou se demande «pourquoi on a besoin d’avoir des patinoires encore plus luxueuses lorsqu’on pourrait prendre cet argent-là et investir dans les besoins de base pour les aînés, pour les personnes à faible revenu, pour le logement social?»   

Mme Smith s’est défendue de faire de la démagogie. 

D’après elle, la Ville, en tant que «gouvernement de proximité», a un important rôle à jouer en matière de pauvreté, de logement social et d’itinérance même s’il s’agit de compétences partagées avec le palier provincial.   

Marchand réagit  

Le maire Bruno Marchand a répliqué mercredi à l’heure du midi « qu'on peut faire plusieurs choses en même temps ». Pour lui, construire des patinoires n'empêche pas de s'occuper de logement ou d'aide alimentaire.  

Mme Smith a écrit qu'elle préférerait qu'on plante des arbres. « On en plante 130 000 sur une période de 10 ans. Il s'agit pas juste d'une ville verte, il s'agit d'une ville où les gens sont bien et peuvent pratiquer du sport », a réagi M. Marchand.  

« On a l'opportunité d'avoir la Fondation des Canadiens qui nous paie la moitié d'une patinoire. On va dire : ‘Non, c'est pas important, nous, on plante des arbres?’ Cet argent-là, les 2 millions $, la Fondation des Canadiens ne nous le donnera pas [pour planter des arbres]. » 

Pour Jackie Smith, la Ville a dépensé des énergies indûment pour aller chercher ce don. Elle estime aussi que Bruno Marchand ne consacre pas suffisamment d'efforts au logement. « J'ai pas vu les hausses dans le logement social à la hauteur des besoins. Donc je ne comprends pas pourquoi on va mettre toutes nos énergies dans les patinoires quand il y a le logement qui est en crise », a-t-elle ajouté. 

Un cadeau de 2 millions$ 

Mardi soir, le maire Marchand était au Centre Bell pour recevoir ce cadeau (la patinoire réfrigérée) d’une valeur de 2 millions$ de la Fondation des Canadiens pour l’enfance.  

Selon la Ville de Québec, «l’engagement de la Fondation couvrira les coûts de construction de la patinoire, des systèmes de réfrigération, des bandes adaptées à la pratique du parahockey, des bancs des joueurs ainsi que de quatre paniers de basket-ball pivotants sur base».  

Cela dit, «les autres équipements, incluant un pavillon de services, seront fournis par la Ville», précise-t-on.

Récemment, on apprenait que chaque patinoire couverte pourrait coûter entre 6 et 7 millions $ à la Ville de Québec.

–Avec la collaboration de Stéphanie Martin 

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