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Quel héritage voudra laisser François Legault pour ce probable dernier mandat ?

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le premier ministre voudra-t-il contribuer à bâtir une démocratie québécoise résolument moderne et nettement plus équitable ?

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Le second mandat de la CAQ débute à peine que des journalistes questionnent déjà François Legault sur son éventuel héritage politique. La question peut sembler prématurée. Dans les faits, elle ne l’est pas. 

Difficile en effet d’imaginer qu’en 2026, alors qu’il aura soufflé ses 69 bougies, le premier ministre veuille tenter le sort une troisième fois au lieu d’aller profiter de la vie, des siens et de sa santé. 

En ce probable dernier mandat, difficile donc d’imaginer un François Legault ne se posant pas lui-même la question de son éventuel héritage politique. 

La pandémie ayant happé plus de la moitié de son premier mandat, les Québécois risquent d’ailleurs de scruter ses politiques de plus près. Malgré sa victoire massive, les attentes sont élevées. Particulièrement en santé et en services sociaux. 

Dans une société vieillissante, les citoyens s’attendent à ce que son ministre Christian Dubé puisse dompter les multiples dysfonctions d’un mastodonte miné depuis trop longtemps par une bureaucratie gravement sclérosée. 

Que dire du réseau de l’éducation ? Mi-public et mi-privé subventionné, il est devenu le plus inégalitaire au Canada. Aura-t-il ou non l’audace de le rendre plus égalitaire et donc, plus efficace ?

Et que dire du déclin de la langue française ? Quels nouveaux gestes concrets posera-t-il pour le freiner comme il jure s’engager à le faire ?

Démocratie affaiblie

François Legault voudra-t-il aussi remédier à l’état inquiétant d’une démocratie québécoise affaiblie par un mode de scrutin dépassé ? Lequel, en situation de multipartisme, est incapable de livrer aux électeurs une représentation juste de la répartition de leurs votes à l’Assemblée nationale ? 

À preuve, le 3 octobre, la CAQ a raflé 72 % des sièges grâce à 41 % du vote. Malgré les 59 % des voix qu’ils se partagent, cela ne laisse que des grenailles au Parti libéral du Québec, à Québec solidaire, au Parti Québécois et au Parti conservateur du Québec.

Pour le moment, M. Legault s’y refuse. Pourrait-il néanmoins nous étonner ? Pourrait-il décider de laisser derrière lui l’héritage surprise d’un nouveau mode de scrutin ? 

Si le premier ministre voulait contribuer à bâtir une démocratie québécoise nettement plus équitable, il revisiterait son refus. Le fera-t-il ? Bien malins les devins.

Une seule chose est sûre. En ce deuxième mandat « fort », l’occasion lui en est servie sur un plateau d’argent. Mais le voudra-t-il ? 

Entente brisée

On entend dire qu’en abandonnant sa promesse d’un nouveau mode scrutin faite avant les élections de 2018, M. Legault ne se comporte pas différemment de ses prédécesseurs, dont René Lévesque.

Tous ont promis une réforme du mode de scrutin, mais une fois au pouvoir, tous ont reculé pour continuer à profiter du même système. De tout temps, qu’un chef renie un engagement une fois au pouvoir est un grand classique puisque cela n’engage que lui et son parti. 

Très vrai. Il y a cependant une différence de taille. En 2018, cet engagement à réformer le mode de scrutin émanait en fait d’une entente transpartisane signée par la CAQ, le PQ et QS.  

En reniant cette promesse, la CAQ brise du même coup une entente tripartite sans le consentement des deux autres partis signataires. Sur le plan politique, ce n’est pas anodin. 

Les Québécois ne se battent pas dans les autobus sur le sujet. Le premier ministre sait néanmoins qu’ils sont nombreux à souhaiter un mode de scrutin plus équitable. Alors, qui sait ?...

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