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Vous souvenez-vous quand les Québécois étaient en tabarn... ?

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Vous souvenez-vous quand les Québécois étaient en tabarn... ?

Quand on n’acceptait pas de se faire traiter comme des citoyens de second ordre ?

Quand on défendait notre langue ?

LE VENT SOUFFLAIT

Michèle Lalonde récitait Speak White.

Arthur Lamothe tournait Le mépris n’aura qu’un temps.

Claude Péloquin écrivait sur le mur d’un musée : « Vous n’êtes pas écœurés de mourir, bande de caves ? » 

Claude Gauthier chantait « Je suis d’octobre et d’espérance / Je suis une race en péril / Je suis notre libération / Je suis Québec mort ou vivant ».

Pas une Saint-Jean sans le mont Royal pris d’assaut.

Pas un gala sans un discours sur la langue.

« Le vent se lève », tonnait Pierre Flynn.

« Sortir de sa cage / Et trouver sa voix / C’est un long voyage / Arriver chez soi », chantait Vigneault.

« Un peu plus haut, un peu plus loin », fredonnait Ferland.

« Y a volé de la dynamite / Puis dans un quartier plein d’hypocrites / Y a fait sauter un monument / À la mémoire des conquérants », racontait Raymond Lévesque.

Elle est où, cette colère ?

Elle est où, cette rage ?

NOUS

À cette époque, mon fils, mes filles, on se tenait debout.

On bombait le torse.

On n’acceptait pas de se faire parler en anglais chez nous.

Car, oui, on disait « Chez nous », dans le temps.

Ce n’était pas encore un mot tabou.

NOTRE histoire. NOTRE passé. NOTRE culture. NOTRE langue.

Nous ne plierons pas. Nous ne baisserons pas les bras.

Voici ce que vos arrière-grands-parents, vos grands-parents et vos parents disaient. Ces « Blancs privilégiés » du faubourg à m’lasse, de Ville Jacques-Cartier et de la rue des Pignons.

Ces porteurs d’eau de la basse-ville.

Ces nègres blancs d’Amérique.

Que votre génération regarde maintenant avec mépris, du haut de votre franglais et de votre ouverture à l’autre.

Cet autre qui inclut toutes les minorités sauf celle dont vous faites partie.

Vous êtes tellement ouverts aux autres que vous avez fini par vous fermer aux vôtres.

Et lorsque vos chanteurs gagnent des prix, au lieu de monter sur scène et de défendre fièrement leur langue, ils s’enfoncent leur trophée dans la gorge et disent « Fuck you ».

Et vous appelez cela de la provocation ?

« Y en aura d’autres, plus jeunes, plus fous, pour faire danser les bougalous », disait Charlebois.

Si c’est ça, les rockers d’aujourd’hui, redonnez-moi les chansonniers d’antan – qui, eux, n’avaient pas peur de botter des culs et d’allumer des mèches.

PRENDRE SON TROU

Pourquoi on s’est écrasé ?

Pourquoi on a pris notre trou ?

Pourquoi même nos artistes ont rendu les armes ?

Vous êtes où, calvaire ?

C’est rendu qu’on a de la difficulté à NOUS faire soigner dans NOTRE langue chez NOUS !

Et pendant ce temps, que fait notre gouvernement ?

Il se rend à Ottawa, le chapeau entre les mains, quémander un peu de charité après avoir ligoté le PQ et l’avoir jeté dans un coffre de char...

Pélo avait raison.

On est une bande de caves.

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