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COP15: le droit de manifester et de rire des autres

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La COP15 donnera lieu à des manifestations. Ces jours-ci, les preux militants exigent qu’on les laisse manifester partout et en tout temps. Prometteur...

Le droit de manifester fait partie des droits fondamentaux dans une démocratie. Exprimer, par la force du nombre, son appui ou son opposition à une idée relève des droits démocratiques qu’une société comme la nôtre doit garantir.

Une fois ce fait établi, le droit de manifester vient-il par magie avec le droit de s’autodéclarer maître de la voie publique? Le droit de s’adonner à des actes de vandalisme en toute impunité? Le droit d’occasionner des dommages et des emmerdes à la vie des autres sans restrictions? Le droit de faire la guérilla aux forces de l’ordre?  

J’ose croire que non. Pourtant, les événements ici au Québec tendent à prouver le contraire. Au nom de la tolérance et d’une certaine volonté d’acheter la paix face à des groupes radicaux, les autorités passent l’éponge sur des actes illégaux et préjudiciables aux autres.

Des victimes

Je dois avouer avoir sursauté cette semaine en voyant le tribunal accorder 3 millions de dollars en dédommagement à des carrés rouges de 2012. Ils ont gagné leur recours collectif parce que les autorités de la Ville et de la police ont porté atteinte à leur droit de manifester.  

Les contribuables montréalais ont payé des dizaines de millions de dollars pour ces manifestations. Ils ont payé de leur poche pour réparer les dommages, pour remplacer les véhicules de police détruits, pour les heures supplémentaires de travail policier. Et ils vont débourser une fois de plus pour compenser les incompris qui n’ont pas pu s’exprimer à leur guise. 

Ce n’est pas tant ce jugement qui m’a fait réagir que le fait que les choses ne vont que dans un sens. Les tribunaux donnent raison aux manifestants. Mais combien parmi les auteurs des actes de vandalisme de l’époque ont purgé de sérieuses peines d’emprisonnement? Combien ont été forcés (eux ou leurs parents) de payer la facture des dommages qu’ils avaient causés?  

Pourtant, des vitrines ont été cassées, des véhicules incendiés, des balles de billard lancées aux policiers. À Victoriaville, les manifestants étaient arrivés avec l’attitude et l’équipement de mercenaires. Qui a payé pour leurs frasques? Combien ont fait face aux tribunaux pour répondre de leurs actes?

Maintenant la COP15

À quelques jours du début de la COP15 sur la biodiversité, les spécialistes de la pancarte et du slogan réclament donc qu’on ne limite pas le droit de manifester et donc qu’on leur donne accès à tout l’espace public.  

Eux décideront des rues à bloquer et du droit de circuler ou non du reste de la population. Tant pis pour les commerces et les restaurants situés aux mauvais endroits.  

Ces exagérations et ces abus autour du droit de manifester représentent un outrage à ceux qui travaillent. Ces forces productives de la société dont la voix est si souvent oubliée... parce qu’ils n’ont malheureusement pas le temps d’aller manifester.

Le droit de manifester des uns devient un outrage pour les autres. Attendons de voir la COP15!

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