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Le pasteur Claude Guillot écope de 8 ans de prison pour avoir «brisé» 5 victimes

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Le Pasteur Claude Guillot a été condamné jeudi à une peine de 8 ans d’emprisonnement pour des sévices physiques et psychologiques sur cinq garçons pensionnaires de son école religieuse clandestine, des faits qui se sont étirés sur plus de 30 ans. 

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La peine prononcée par le juge Christian Boulet devant une salle bondée où se trouvaient quatre des victimes a conclu une longue saga judiciaire qui s’est étirée sur 7 ans. Le pasteur avait été arrêté en 2015.

L’homme de 72 ans, en liberté durant les procédures, est resté impassible, assis jambes croisées, pendant la lecture de la décision du juge. Menotté par les constables spéciaux, Guillot a été emmené à la détention par les corridors du Palais de Justice, défilant devant les plaignants menottes au point, un sentiment fort pour ces derniers.

«Enfin, les rôles sont inversés. De le voir, tourné face contre le mur, chose que j’ai faite pendant des semaines de temps, debout. De le voir, comme ça, sortir menottes aux poings, enfin, il y a une sorte de justice», a confié avec émotion l’une des victimes, Josh Seanosky.

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Sévices multiples

Dans sa décision, le juge Christian Boulet a indiqué que n’eut été le principe de proportionnalité des peines, le pasteur Guillot aurait pu recevoir une peine allant à 15 ans d’emprisonnement, soit 3 ans pour chacune des victimes. Or, afin de respecter le principe de totalité, l’ensemble des peines pour chacun des chefs a été réduit pour en arriver au total de 8 ans d’emprisonnement.

«Compte tenu des circonstances, c’est une peine qui est satisfaisante», s’est réjoui la procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe, rappelant que le processus avait été long et fastidieux pour les victimes du pasteur. «Ce qui est le plus important pour eux, c’est d’entendre le juge reconnaître l’entièreté des sévices qu’ils ont vécus et qu’ils vivent encore.»

Guillot avait été reconnu coupable en avril 2022 de 18 des 22 chefs d’accusation qui pesaient contre lui, principalement de voies de fait, de séquestration et de harcèlement.

Coups de palette de bois, coups de poing, privation de repas et d’eau, journées entières à devoir rester debout, immobiles; la liste des châtiments imposés par Guillot à ses «élèves» pour leurs «désobéissances» démontre l’ampleur de la violence vécue par les jeunes hommes. Ces derniers avaient de 4 à 20 ans lors des crimes.

«Le rôle de l’accusé est central. Il sait que ses délits réfléchis et ses comportements planifiés en vue de briser ces enfants étaient de nature à les faire souffrir, à leur causer des préjudices importants en plus de les conditionner et de les dépersonnaliser», a reconnu dans sa décision le juge Boulet, qualifiant le degré de responsabilité de Guillot de «très élevé».

Sur 30 ans

Les événements, qui se sont étirés entre 1982 et 2014, se sont déroulés dans une école Baptiste de Victoriaville, l’école La Bonne Semence, où Guillot était directeur avant d’être congédié au milieu des années 1980. Puis, c’est dans son domicile de Neufchâtel où il a opéré une école clandestine de 2000 à 2015 que l’accusé a sévi.

Les plaignants résidaient alors à temps plein sous le toit de leur bourreau avec l’accord de leur famille, certains parents ayant même signé des ententes avec le pasteur pour autoriser les châtiments corporels.

La couronne réclamait une peine d’emprisonnement allant de 12 à 15 ans, tandis qu’en défense, l’avocate Susan Corriveau estimait qu’une peine maximale de trois ans s’avérerait juste. L’avocate s’est abstenue de commenter à sa sortie de la salle de cour, précisant vouloir prendre connaissance de l’ensemble de la décision avant de se positionner sur un possible appel de la peine imposée.

Exemples des sévices infligés par Claude Guillot

  • Correction armée avec une palette de bois «qui devait faire mal pour que [les victimes] comprennent»
  • Confinement debout dans un coin comme des statues pendant plusieurs jours consécutifs, jusqu’à 41 journées pour l’une des victimes, de 8h à 22h
  • Coups de poing et de pieds, claques au visage
  • Privation de nourriture et d’eau qui ont mené des victimes à aller jusqu’à boire dans la toilette pour «contourner le rationnement»

«Aucune religion n’autorise ni ne permet celui qui y croit et la pratique à violenter et à torturer un enfant» - Juge Christian Boulet dans sa décision sur la peine

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