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«Enfin» le don de sang pour les hommes homosexuels

Héma-Québec adopte une nouvelle approche qui se veut plus inclusive

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Des hommes homosexuels ont donné du sang pour la première fois de leur vie dimanche alors que le Québec devenait la dernière province canadienne à abolir la période d’exclusion à leur égard.

• À lire aussi: Les hommes homosexuels peuvent enfin donner leur sang

Avec la nouvelle approche se voulant « plus inclusive » d’Héma-Québec, les hommes ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme dans les trois derniers mois ne sont plus privés de la possibilité de faire un don de sang.

Tous les donneurs répondent au même questionnaire afin d’évaluer leur admissibilité, sans égard à l’identité de genre ou la sexualité.

Ce sont plutôt les comportements sexuels potentiellement risqués qui peuvent disqualifier.

Tony Bouffard et son conjoint, François Leclerc, de Québec, se réjouissent des nouveaux critères plus inclusifs à Héma-Québec. Ce dernier a effectué son tout premier don de sang dimanche à Sainte-Foy.
Dominique Lelièvre
Tony Bouffard et son conjoint, François Leclerc, de Québec, se réjouissent des nouveaux critères plus inclusifs à Héma-Québec. Ce dernier a effectué son tout premier don de sang dimanche à Sainte-Foy.

Il était temps

« Enfin ! » a résumé en un mot François Leclerc, rencontré au centre Globule de Sainte-Foy alors qu’il venait de faire son premier don de sang à vie.

« Je me suis tout le temps senti rejeté ou exclu de ne pas pouvoir », a relaté le quinquagénaire, qui voulait faire un don depuis longtemps.

« Mais, pourquoi pas ? Je suis [dans une relation] stable, je ne suis pas à risque, ça fait 29 ans [qu’on est en couple], donc, voyons donc ! Comme un autre couple ailleurs », poursuit-il.

Son conjoint, Tony Bouffard, aurait aussi voulu faire un don dimanche, mais une complication administrative l’en a empêché. Il reviendra dès que possible.

« Notre message, c’est [que] si les autres veulent venir, qu’ils ne s’empêchent pas, qu’ils n’aient pas peur. On a été accueilli ici extraordinairement », affirme l’infirmier à la retraite.

Données probantes

La Société canadienne du sang, qui fournit les produits sanguins dans les autres provinces, avait adopté la même approche en septembre dernier.

Selon le porte-parole d’Héma-Québec, Laurent Paul Ménard, c’est la volonté d’y aller par étape et d’étudier les données probantes qui expliquent le retard du Québec, où seul le don de plasma en bénéficiait depuis octobre.

« C’est une belle avancée et nous nous en réjouissons. Est-ce que ça va avoir des impacts sur le nombre de personnes qui font des dons ? Nous le souhaitons, mais si on se base sur l’expérience ailleurs, ce n’est pas nécessairement le cas. Peut-être que le Québec fera exception », mentionne-t-il, citant le cas du Royaume-Uni.

Bien accueilli

Rappelons que Santé Canada a donné son feu vert en septembre dernier à Héma-Québec.

Le régulateur a souligné que de 2013 à 2019, la période « d’abstinence » pour les donneurs homosexuels est passée de « à vie » à trois mois, sans impact sur la sécurité des dons de sang.

« Selon nous, ça aurait dû se faire il y a plusieurs années. D’individualiser le risque, c’est ça qui est important. De stigmatiser une communauté en présumant de comportements sexuels irresponsables, c’était de la discrimination », a commenté Dave Tremblay, président de l’organisme Alliance Arc-en-ciel basé à Québec. 

Méthode revue 

  • Un même questionnaire est soumis au donneur, peu importe son identité de genre ou son orientation sexuelle.
  • L’évaluation du risque est effectuée sur une base individuelle plutôt que sur l’appartenance à un groupe jugé à risque.
  • Une personne sexuellement active peut donner si elle est dans une relation monogame depuis plus de trois mois ou, dans le cas où elle a un nouveau partenaire ou plusieurs partenaires, si elle n’a pas eu de relations sexuelles anales au cours des trois derniers mois.
  • Les changements ont reçu le feu vert de Santé Canada en septembre.

Héma-Québec a besoin de 1000 dons par jour pour répondre aux besoins en produits sanguins de la population québécoise.

Sources : Héma-Québec et Santé Canada

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