/news/society
Navigation

Le débat sur les armes à feu relancé au Canada à cause de Carey Price

Certains sont d’accord avec la sortie du gardien du CH, d’autres la déplorent

Coup d'oeil sur cet article

La sortie publique de Carey Price sur le contrôle des armes à feu continue d’alimenter le débat entre ceux qui souhaitent une meilleure législation et ceux qui ne veulent pas perdre certains droits.

• À lire aussi: Lutte contre les armes à feu: Carey Price prend position pour une organisation proarme

• À lire aussi: Ottawa gèle la vente et l’achat des armes de poing

• À lire aussi: Armes de poing: les conservateurs font de l'obstruction, disent les libéraux

«C’est bien triste. Parce qu’avec sa réputation [...], comme il présente sa position de manière très générale, sans expliquer les nuances, ça amène beaucoup de confusion dans un débat qui est déjà très sensible», déplore Nathalie Provost, survivante de la tuerie à Polytechnique et porte-parole de «PolySeSouvient».

Nathalie Provost, survivante de la tragédie de Polytechnique, déplore la sortie de Carey Price qui apportera selon elle de la confusion dans le débat sur le contrôle des armes à feu.
Photo d'archives, Toma Iczkovits
Nathalie Provost, survivante de la tragédie de Polytechnique, déplore la sortie de Carey Price qui apportera selon elle de la confusion dans le débat sur le contrôle des armes à feu.

Samedi matin, le gardien du Canadien de Montréal a partagé sur ses réseaux sociaux une photo de lui en habit de chasse et avec une arme à la main, pour s’afficher très clairement contre le projet de loi C-21. 

Capture d'écran tirée du compte Instagram @cp0031 (Carey Price)

Si adopté, ce dernier modifierait la définition des armes d’assaut en ajoutant plusieurs armes utilisées par les chasseurs.

«Je ne suis pas un criminel ni une menace pour la société. Ce que Justin Trudeau essaie de faire est injuste», a ajouté à sa publication celui qui est au repos forcé en raison d’une blessure.

Price a par ailleurs annoncé son soutien à la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu (CCDAF), qui a notamment fait réagir pour avoir créé le code promotionnel «POLY» pour les marchandises de son site.

  • Écoutez l'entrevue de Benoit Dutrizac avec Nathalie Provost, survivante du massacre à Polytechnique et porte-parole de PolySeSouvient sur QUB radio :

Désinformation

Certains groupes qui militent pour un meilleur contrôle des armes à feu estiment que sa position participe à la désinformation qui entoure le projet de loi.

«On a tellement peur de perdre certains privilèges qu’on grossit ce qui est dans la définition [du projet de loi]. Ce qui est dans la définition, c’est que les armes conçues pour avoir des chargeurs de grandes capacités seraient bannies», détaille Mme Provost.

La porte-parole de «PolySeSouvient» rappelle que la définition à laquelle est parvenu le projet de loi est le fruit d’une réflexion mûrie et nuancée de la part d’experts.

Mais pour plusieurs chasseurs et amateurs d’armes québécois, le gouvernement fait fausse route.

«Ce ne sont pas les chasseurs respectueux des lois qui sont problématiques, mais les criminels qui passent des armes illégalement à la frontière», lance Gaëtan C., collectionneur depuis 40 ans, qui n’a pas voulu donner son nom de famille.

Ce résident de Trois-Rivières affirme être pour un resserrement des lois.

  •  Écoutez l'entrevue de Benoit Dutrizac avec Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois sur QUB radio: 

Chasseurs en otage 

«Je suis pour un registre plus serré et une loi plus stricte, mais pas qu’on vienne chez moi me retirer mes biens, que je me suis offerts», explique celui qui pourrait perdre une vingtaine d’armes à feu si la loi était adoptée à Ottawa.

De son côté, Daniel Benoit, propriétaire des magasins Technique Chasse et Pêche à Saint-Hubert et à Gatineau, abonde dans le même sens.

«Ce n’est pas en venant contrôler des armes qui sont déjà contrôlées qu’on va réduire la criminalité. [...] Le gouvernement prend en otage les chasseurs pour chercher malheureusement du capital politique», regrette-t-il. 

Il rappelle par ailleurs que le processus d’acquisition d’une arme à feu au Canada est très long.

-Avec Clara Loiseau, Le Journal de Montréal

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.