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Un dénouement prévisible pour le tramway

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Il ne faut pas s’étonner qu’un seul soumissionnaire, soit le géant Alstom, soit désormais en lice pour construire les rames du futur tramway de Québec, situation déplorable qui risque de faire en sorte que ça coûtera plus cher que prévu.

Après la dernière élection municipale, dans une lettre qui constituait en quelque sorte son testament politique, Régis Labeaume avait sonné l’alarme à ce sujet.

Il y avait dénoncé plusieurs facteurs qui risquaient de créer de la distorsion pour le processus d’attribution des contrats, avec pour effet une augmentation des coûts. 

M. Labeaume citait notamment le délai, imposé par le gouvernement du Québec, pour obtenir l’autorisation de lancer le processus.

Bras de fer

Pour mémoire, la CAQ s’était engagée dans un bras de fer avec la Ville, exigeant de nouvelles conditions et imposant des changements au tracé qui n’ont, au final, convaincu personne. 

L’ex-maire parlait aussi de l’ajout, en cours de processus d’approvisionnement public, d’une clause restrictive par le même gouvernement.

Cette nouvelle condition, écrivait M. Labeaume, « pouvait aussi empêcher la mise en concurrence des soumissionnaires comme le veut la pratique habituelle et placer le projet en situation de candidature unique, ce qui implicitement peut coûter beaucoup plus cher que prévu ».

La Ville avait donc repris le processus, jugeant que l’absence de compétition serait préjudiciable en termes de coûts et de qualité. Or, dans ce second processus, l’octroi du contrat pour le matériel roulant incluait de nouveau cette clause restrictive.

Il n’est donc pas surprenant qu’il se solde encore une fois par un soumissionnaire unique, avec le retrait confirmé de Siemens. 

Il ne faut pas s’attendre non plus à ce que l’absence de compétition, qui va conduire à une négociation de gré à gré, soit moins préjudiciable.

Certes, le processus a été scindé et l’ensemble des coûts ne sera pas affecté. Mais tout cela aurait pu être évité et c’est dommage.

Opposants au tramway 

Il est par ailleurs renversant de prendre connaissance des déclarations délirantes d’opposants au tramway, au début du procès sur le tramway qui avait lieu hier. 

Lors de son témoignage en cour, Dorys Chabot, l’une des personnes à l’origine du groupe Québec Mérite Mieux, a comparé le projet et les expropriations à un viol. Rien de moins. 

On a appris que Mme Chabot, qui parle du « choix le plus destructeur pour l’humain et la vie », perdra une partie de son terrain et de son stationnement avec l’aménagement du tramway. Aurait-on affaire ici au syndrome du « pas dans ma cour » ? La question se pose.

Puis, sur Facebook, l’ex-conseillère Anne Guérette, chroniqueuse à CHOI, où elle s’emploie à démolir le projet, a comparé hier la bataille contre le tramway à – tenez-vous bien – la place Tian’anmen en 1989.

Elle compare l’opposition à un projet de transport en commun au massacre, par un régime autoritaire, de plusieurs centaines d’étudiants contestataires. 

De telles comparaisons farfelues, en plus de manquer de respect pour les victimes, ne feront rien pour améliorer la crédibilité des opposants, dont certains porte-parole sont à l’origine de plusieurs épisodes de désinformation sur le projet. Québec mérite mieux qu’un tel cirque. 

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