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Un musicien investit plus de 20 000 $ pour son propre spectacle de la COP15

Sylvain Grenier
Photo Louis-Philippe Messier Sylvain Grenier devant son « xylhockey », un ingénieux xylophone artisanal conçu avec des bâtons de hockey.

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Avec un montant de 20 000 $ à 30 000 $, nombre de gens seraient tentés de s’acheter un nouveau véhicule, une nouvelle piscine, un spa dernier cri ou des bijoux. Le compositeur et concepteur d’instruments Sylvain Grenier a plutôt décidé de louer le Théâtre Plaza pendant quatre jours en marge de la COP15 afin de présenter son propre spectacle écologiste... à ses frais !

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Lorsque M. Grenier a appris en juin dernier que la conférence sur la biodiversité (COP15) allait se tenir à Montréal, il a sauté sur le téléphone.

« Je ne pouvais pas être sûr de pouvoir me produire directement sur le site de la convention au Palais des congrès [de Montréal], mais je pouvais monter et organiser mon propre spectacle pour la cause. »

Le musicien passionné d’écologie ne donne pas un chiffre exact, mais le total de ses dépenses personnelles pour son spectacle La biodiversité en musique oscille entre 20 000 $ et 30 000 $.

Des boîtes de sirop d’érable servent de résonateurs sous les lames sonores.
Photo Louis-Philippe Messier
Des boîtes de sirop d’érable servent de résonateurs sous les lames sonores.

Il faut payer la salle, les techniciens, les musiciens, etc.

« J’ai puisé dans mon bas de laine ! »

« C’est le spectacle de ma vie, c’est le moment où jamais pour l’humanité de se prendre en main pour la biodiversité », dit le percussionniste de 59 ans que j’ai rencontré sur la scène du Plaza, lors d’une répétition.

Occasion à ne pas rater

Clin d’œil du destin : M. Grenier venait de toucher une bourse du Conseil des Arts du Canada pour composer des chansons au sujet de la biodiversité quand il a appris que la grand-messe internationale de la biodiversité aurait lieu ici.

« Si la COP15 de la biodiversité m’avait invité en Chine, je n’aurais pas hésité à dépenser beaucoup d’argent pour me rendre là-bas avec mes instruments... Et là, coup de chance, ça a lieu chez nous. C’est à Montréal que ça se passe. Je n’allais pas rater ça. »

« Xylhockey »

Ça vous a sans doute sauté aux yeux en voyant la photo : les Instruments-vedettes du spectacle de M. Grenier, créés par lui, sont des « xylhockeys » : des xylophones géants conçus avec des bâtons de hockey et des boîtes de sirop d’érable, certaines soudées bout à bout, en guise de résonateurs.

Le percussionniste Léo Guiollot devant le « xylhockey basse ».
Photo Louis-Philippe Messier
Le percussionniste Léo Guiollot devant le « xylhockey basse ».

Difficile de faire symboliquement plus « québécois » que ça !

Le groupe de Sylvain Grenier se nomme SCRAP, soit l’acronyme de Spectacle Concept pour la Récupération et l’Art de la Percussion.

« J’ai racheté des dizaines de bâtons Koho à la palette brisée dans un aréna et je les ai taillés et rabotés pour les amincir. »

La fibre de verre qui solidifie ces bâtons conduit le son et ajoute une tonalité cristalline. 

Le résultat est étonnamment... parfait. Cet instrument Frankenstein s’avère harmonieux. Les yeux bandés, jamais vous ne sauriez que le maillet percute des « bâtons Koho » en guise de lames musicales.

« C’est des centaines d’heures de plaisir pour accorder l’instrument, mais ensuite c’est de qualité professionnelle : on peut jouer avec n’importe quel instrument d’orchestre. »

En plus de son xylhockey, Sylvain Grenier a conçu un « xylhockey-basse », aux notes beaucoup plus graves.

Des barils de métal de 65 gallons ont été convertis en caisses de résonance. Des cuillères d’argent nouées à une barre font un carillon. Une raquette de squash dont les fils traversent de vieilles clefs est un tambourin.


Le spectacle La biodiversité en musique sera présenté à 20 h samedi 10 décembre au Théâtre Plaza. Une partie des fonds ira à la Fondation David Suzuki, à Greenpeace et à Équiterre.

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