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Fin de session: Legault fait son bilan sur les réseaux sociaux

... sans répondre aux questions des journalistes.

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Contrairement à la tradition, le premier ministre François Legault s’est tourné vers les réseaux sociaux pour faire le bilan de la courte session parlementaire sans répondre aux questions des journalistes, vendredi, un manque «d’imputabilité», a déploré l’opposition.  

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Comme à chaque fin de session, les chefs des différents partis d’opposition ont présenté leur bilan devant la presse parlementaire, vendredi matin. 

Le chef caquiste, de son côté, a préféré se passer d’en faire autant avant de quitter le Parlement pour la pause des Fêtes. 

Interpellé dans les corridors de l’Assemblée nationale avant la dernière période des questions de l’année au Salon bleu, le premier ministre a minimisé la portée de l’affaire, en laissant tomber que les députés de la nouvelle législature ont siégé pendant seulement deux semaines, depuis l’élection. 

«Écoutez, une session de deux semaines... Puis essentiellement, on a remis de l'argent dans le portefeuille des Québécois, on a plafonné les tarifs, donc c'est ça, la session de deux semaines», s’est-il limité à dire.

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Imputabilité

«Où est l’imputabilité», a soulevé le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, après avoir appris que le chef du gouvernement ne prévoyait aucune présentation de bilan devant les journalistes, ni mêlée de presse. 

«En tant qu'ancien journaliste, je suis outré par la décision de François Legault de faire comme le Parti conservateur du Canada, de contourner les médias», a renchéri le député solidaire de Rosemont, Vincent Marissal.

Rappelons qu’à Ottawa, Pierre Poilievre boude plus souvent qu’autrement la presse parlementaire, depuis qu’il a pris les commandes du Parti conservateur du Canada (PCC).

«Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est l'inverse de l'imputabilité, a continué M. Marissal. En refusant de répondre aux questions des journalistes, la CAQ fait le choix de s'éloigner de la transparence.»

Tout cela survient à un moment où les médias traditionnels traversent une crise importante, tant sur le plan de la confiance que des revenus publicitaires. 

«Cette décision est d'autant plus déplorable qu'on apprend aujourd'hui que Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec vont cesser d'imprimer leurs éditions papiers du dimanche, a observé le député de Rosemont. On parle beaucoup de la crise dans les médias et on a une responsabilité, comme parlementaires, de considérer les journalistes et leur travail à leur juste valeur.»

«Le Parti québécois dénonce la décision de François Legault de ne pas tenir de point de presse de bilan de fin de session et de ne répondre à aucune question des journalistes comme c'est le cas à l'habitude. Rendre des comptes est essentiel en démocratie», a réagi à son tour le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. 

«Solliciter un mandat fort. Faire élire 90 députés. Refuser de corriger les distorsions historiques du mode de scrutin. Faire de la communication politique. Refuser de rendre des comptes devant la presse parlementaire», a également dénoncé le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau. 

Son collègue de Matane–Matapédia, Pascal Bérubé, a souligné qu’il s’agit d’une «première à l'Assemblée nationale».

Grands défis

François Legault s’est fait un peu plus bavard sur les réseaux sociaux. Dans une publication intitulée «notre bilan de fin de session parlementaire», le chef caquiste a rappelé que «les défis du Québec sont grands», en répétant les cinq thèmes de sa campagne électorale: éducation, santé, environnement, économie et protection de la langue française. 

«Quand je vous ai demandé de me renouveler votre confiance à la dernière élection, c’était principalement pour relever ces défis majeurs pour notre nation», a souligné le premier ministre. 

«On avance», a-t-il résumé. «Je vous le dis d’emblée, je veux tenir mes promesses, et je veux les livrer rapidement, a signalé M. Legault. Je sais que je vais me faire critiquer et c’est normal. Je ne suis pas borné et j’écoute. La critique constructive peut permettre de nous améliorer, et d’apprendre de nos erreurs. Mais soyez certains que je resterai toujours fidèle aux objectifs pour lesquels vous m’avez accordé votre confiance.» 

Bilan des oppositions

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, n’a pas nié que sa formation politique a connu un «automne difficile», avec le pire score électoral de son histoire, la démission de Dominique Anglade et le départ bruyant de Marie-Claude Nichols. Il estime néanmoins que son parti a «fait sa job» et assure que les libéraux vont «talonner» le gouvernement Legault en 2023 afin qu’il «donne les services essentiels auxquels les Québécois ont droit».  

Réitérant que le premier ministre doit être «imputable» de ce qui se passe au Québec, le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a critiqué le gouvernement qui n’est selon lui pas allé suffisamment loin pour aider les Québécois à affronter la hausse du coût de la vie. «On voulait être le bouclier contre l'inflation, je pense qu'on l'a été», a dit M. Nadeau-Dubois, se félicitant également d’avoir été «le chien de garde sur la question de la biodiversité» au cours des deux dernières semaines.  

Même s’ils n’ont pas siégé pendant la courte session parlementaire en raison de leur refus de prêter serment au roi d’Angleterre, les députés du Parti québécois sentent qu’ils ont le vent dans les voiles, et ils souhaitent «incarner l’alternative» au gouvernement de la CAQ. «On sent un momentum qui est très réel, dans la population on nous le dit, on nous encourage», a déclaré le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.  

- Avec la collaboration de Gabriel Côté, Agence QMI

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