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«Mange de la toast»: une infirmière dénonce la malveillance des patrons du réseau de la santé à l’égard de ses employés

crispy toast with peanut butter, close-up
Photo Adobe Stock

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C'est parce que je ne fais plus partie de ce réseau malveillant que j'ai envie de dire haut et fort à quel point chaque infirmière mérite sa toast.

Elle devrait même pouvoir choisir son pain. Sa garniture. Et sa quantité.

Nourrir celle qui prend soin... nourrir avec du pain celle qui se donne sans demi-mesure. Par humanité. Par compassion. Par dévouement et pis souvent par obligation.

Avoir le droit de manger sa petite toast. Vite fait. Sur le bord du poste des infirmières. Faut l'avoir vécu pour comprendre...

Cas vécu

Ça fait deux heures que tu fais pousser ta patiente (c'est un premier bébé tsé).

Tu te donnes. Tu respires avec elle. Tu t'assures que papa ne tombe pas dans les pommes. Tu retiens ton envie de pipi. Tu as la bouche sèche, mais tu joues la cheerleader pour que bébé descende et que les parents vivent LE moment de leur vie... T'as pas eu le temps de souper (t'es surpris?).

Et pis là, tu sors trois minutes top chrono pendant qu'une collègue (qui n'a probablement pas soupé non plus) vient te remplacer.

Tu urines. Tu remplis ta gourde. Pis tu t’enfiles une toast au beurre de peanut par survie. Pas par caprice culinaire, là. Non, non. Par survie.

(By the way, c'est du pain blanc, sec, vide, mince. Rien de glam, rien de nutritif, mais c'est la best toast ever, ok?)

Pis tu retournes à ta patiente. Fraîche. Souriante. Sur la coche.

Ça, c'est un exemple parmi les milliers d'exemples d'infirmières au Québec qui mangent une toast sur le bras du réseau qui les empêche souvent de se nourrir.

  • Écoutez l'entrevue de Benoit Dutrizac avec Mélanie Perreault, infirmière qui a quitté le réseau public sur QUB radio :

Tu me tapes sur les nerfs

Alors, pas de farce. Quand tu refuses de nourrir celle qui n'a pas le temps de se nourrir pour prendre soin de ton réseau en décrépitude, t'es clairement dans ton bureau de gestionnaire, pis t'as eu le temps de «luncher» avec ta gang du bureau pendant une heure.

T'as aucune idée de la réalité pour avoir eu une idée de même.

Alors, sacre nous patience avec ta toast. Je te jure qu'on aimerait mieux manger notre lunch. Nutritif. Rassurant.

Sérieux. Tu me tapes sur les nerfs solide.

Mange de la toast.

Mélanie Perreault, infirmière, Joliette

14 ans de services, au moins 100 toasts à mon actif.

(Et plusieurs centaines de patientes reconnaissantes de mes bons soins. Ça, ça compte!)

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