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Fondation Jeunes en tête: les tabous autour de la santé mentale s’envolent une classe à la fois

Un atelier de la Fondation Jeunes en tête sur la santé mentale est très bien accueilli dans les écoles

Atelier depression sante mentale
Photo Jean-François Racine Selon une étude de 2021 de l’Université de Sherbrooke, près d’un jeune sur deux âgé de 12 à 25 ans présente des symptômes d’anxiété ou de dépression modérée. Sur la photo, une classe de l’Académie Saint-Louis, à Québec, où un atelier de la Fondation Jeunes en tête sur la santé mentale a été présenté, le 14 décembre dernier.

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Plusieurs adolescents québécois vivent une grande détresse psychologique depuis la pandémie et l’atelier de la Fondation Jeunes en tête sur la santé mentale des 14 à 18 ans est très bien accueilli dans les classes de la province. 

Il fut une époque où entendre parler de dépression, de maladie mentale et d’anxiété dans un cours au secondaire aurait suscité des réactions très différentes. 

Le tabou semble avoir disparu et plusieurs adolescents sont prêts à en parler.

Le Journal a pu le constater le 14 décembre dernier, à l’Académie Saint-Louis, à Québec.

L’atelier phare de la fondation existe depuis plus de 20 ans, mais il revêt aujourd’hui une importance particulière. Au moment d’aborder la question des pensées suicidaires, le silence se fait plus lourd.

« Plus de détresse qu’avant »

« L’impact est réel parce que des jeunes viennent nous voir après les ateliers et on leur donne les ressources. Je pense qu’il y a moins de tabous. Les jeunes sont plus éveillés au phénomène, mais les chiffres démontrent que la situation s’est dégradée. Il y a plus de détresse qu’avant », explique l’animatrice Juliane Sickini.

Son collègue de travail est du même avis. « Il y a eu de la maladie mentale dans ma famille et ça me touche. Dans nos statistiques, on a observé après la COVID qu’un jeune sur deux présentait des symptômes », ajoute Séraphin Bassas.

Ensemble, le duo donne l’atelier jusqu’à 15 fois par semaine. Ils veulent dédramatiser, sans être alarmistes.

Pour Thomas Lebel, qui a séjourné dans 18 familles d’accueil, il est essentiel de briser le tabou. « C’était la première fois que je partageais mon histoire au Bal du maire. Pour moi, parler de santé mentale, ç’a été tabou longtemps. C’est se mettre vulnérable aux yeux des gens et ça prend beaucoup d’orgueil. Ce cours dit que c’est sain d’en parler », a expliqué le jeune homme de 19 ans.

Des émotions remontent

À la fin de la période, les émotions remontent parfois à la surface. « Oui. Je me suis reconnue », a mentionné une adolescente interrogée avant de tourner la tête, incapable de poursuive la discussion.

De toute évidence, les effets de la pandémie sur les jeunes sont bien présents.

« Surtout qu’il est difficile d’avoir de l’aide psychologique pour les jeunes. J’ai l’impression que cela va prendre un certain temps avant que les choses se stabilisent malheureusement », affirme Isabelle Denis, professeure à l’École de psychologie de l’Université Laval et psychologue clinicienne auprès d’enfants et d’adolescents.

Selon elle, des jeunes se sont tournés vers les médias sociaux et les écrans, plus qu’à l’habitude, ce qui a probablement contribué beaucoup aux symptômes d’anxiété et de dépression chez les jeunes, mais également aux symptômes de troubles alimentaires.

« Cela a été documenté », ajoute Mme Denis. Le manque de contact social et d’activité physique n’est pas à négliger non plus.

Le nombre de jeunes souffrant d’anxiété ne cesse d’augmenter au Québec depuis 15 ans et les prescriptions de médicaments sont en hausse.

L’attente pour voir un professionnel peut aussi prendre plusieurs mois.


►5 à 10 % des jeunes vont souffrir d’une dépression au cours de l’adolescence.

►50 % des maladies mentales débutent avant l’âge de 14 ans et 75 % avant l’âge de 24 ans.

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