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Place à l'année du suicide assisté

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Nous nous apprêtons à franchir le pas de l’aide médicale à mourir au suicide assisté comme si c’était dans l’ordre normal des choses ?

La question se pose.

Car en 2023, Ottawa va ouvrir la porte à l’AMM pour les personnes souffrant exclusivement de maladie mentale. Du côté de Québec, on planche sur le droit de préprogrammer notre mort advenant un diagnostic de démence comme l’Alzheimer, ce qu’on appelle, dans un grand euphémisme, le consentement anticipé.

Jugement Carter

Il fut une époque où la mort était quelque chose de sacré qu’il fallait manipuler avec toute la délicatesse d’un joyau inestimable. 

Faut-il rappeler toute la délicatesse avec laquelle Québec a ouvert la voie avant même que la Cour suprême ne tranche la question ?

Puis est tombé le jugement Carter. Le verdict clair, net et précis du plus haut tribunal du pays. L’aide médicale à mourir étant un droit au Canada pour tout adulte à un consentement éclairé et étant « affecté de problèmes de santé graves et irrémédiables (y compris une affection, une maladie ou un handicap) lui causant des souffrances persistantes qui lui sont intolérables au regard de sa condition ».

Près de 8 ans plus tard, maintenant que l’aide médicale à mourir est un droit, tout va beaucoup plus vite.

Un tribunal a fait sauter l’idée qu’un patient doive être en fin de vie. Le reste n’était qu’une question de temps.

Écoutez Emmanuelle Latraverse via QUB radio :

Cheval de Troie

L’idée d’un consentement préalable pour les personnes souffrant d’Alzheimer ou autre maladie cognitive dégénérative a vite fait consensus au Québec.

L’horreur de voir souffrir nos êtres aimés dans une errance qui dénature l’œuvre de leur vie hante trop de familles. Vivement si on peut se l’épargner à soi-même et à ses proches.

Mais dans cette course vers une mort digne, quelle réflexion avons-nous consentie sur la valeur de la vie, la valeur de la vieillesse ? L’Alzheimer serait-il si horrible si on s’occupait bien de nos aînés en perte d’autonomie ? 

Je n’ai pas la réponse à cette question qui me hante. Je sais juste qu’on en a peu débattu au-delà du cercle exclusif des commissions d’experts et de parlementaires.

L’ultime tabou

La Cour suprême surtout ne trace aucune distinction entre maladie physique et maladie mentale.

L’engrenage est enclenché. Les personnes souffrant de troubles mentaux auront accès à l’aide médicale à mourir au Canada dans un avenir rapproché.

Tout au plus le ministre de la Justice, David Lametti, a consenti un délai supplémentaire, le temps de s’assurer que les balises nécessaires sont en place.

Les Collèges des médecins nous promettent qu’ils sauront ériger des guides de pratiques qui éviteront les dérives. 

Tant mieux. Mais encore...

Le culte du progressisme au Canada rend-il nécessaire que nous ayons un des régimes les plus permissifs au monde quant à l’accès médical à la mort ?

Ottawa et Québec prendront certes des chemins différents, mais le résultat demeure le même : en 2023, nous vivrons dorénavant au pays du suicide assisté.

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