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Transferts en santé: «Pas de privatisation!» avertit Jagmeet Singh, Trudeau optimiste

Jagmeet Singh
Photo courtoisie

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Tandis que les provinces et le fédéral semblent s’approcher d’une entente sur les transferts en santé, Jagmeet Singh a lancé un avertissement plus ou moins subtil au gouvernement de Justin Trudeau mercredi: pas question de laisser libre cours aux provinces de privatiser leur système, quitte à en faire une condition. 

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Après des signaux encourageants provenant du ministre de la Santé Jean-Yves Duclos mardi, Justin Trudeau a confirmé que le dossier des transferts en santé avançait rondement après une très longue impasse.

«Il reste encore du travail à faire, mais on sent qu’il y a un momentum très positif parce qu’on s’aligne de plus en plus pour des investissements dans les systèmes de santé», a-t-il assuré en marge d’un point de presse à Shawinigan.

Mais le dossier n’avance pas nécessairement dans la direction souhaitée pour le NPD.

C’est qu’en début de semaine, le premier ministre de l’Ontario Doug Ford a dévoilé un plan de privatisation partielle du système de santé publique, qui souffre, comme au Québec et ailleurs, du manque de main-d’œuvre.

  • Écoutez l'entrevue avec Jagmeet Singh à l’émission de Philippe-Vincent Foisy diffusée chaque jour en direct via QUB radio : 

Entre autres choses, l’Ontario prévoit laisser le privé prendre en charge des interventions chirurgicales normalement pratiquées au public afin de réduire les interminables listes d’attente.

Jagmeet Singh s’est farouchement opposé aux plans de Doug Ford lors de son discours prononcé au caucus de son parti avant une retraite avant le retour au Parlement, mercredi.

«Le premier ministre [Trudeau] a une opportunité, maintenant, de protéger le système public. En négociant le financement avec les provinces, nous sommes tous d’accord qu’il devrait y avoir des conditions rattachées, bien sûr. Je crois qu’une de ces conditions devrait être, clairement, aucune privatisation», a-t-il lancé sous un tonnerre d’applaudissements.

M. Singh a accusé le premier ministre d’être d’accord avec le plan de l’Ontario et accuse M. Trudeau d’«ouvrir la voie à des compagnies de soins médicaux à but lucratif à l’américaine».

«Il sait que les infirmières quitteront les hôpitaux pour travailler dans des cliniques privées et que les gens attendront plus longtemps. Il sait que les patients recevront une facture pour les frais de consultation pour tout ce que ces compagnies peuvent vous faire payer. Il sait que ce qui arrivera aux soins de santé est exactement ce qui est arrivé aux soins de longue durée», a déploré M. Singh.

L'entente PLC-NPD en bonne santé

L’entente entre le gouvernement libéral et le NPD pourrait-elle s’en trouver fragilisée?

En entrevue, le néodémocrate Alexandre Boulerice a nuancé les propos de son chef en insistant que «pour l’instant, la communication est fluide» et que «les choses vont bien» avec les libéraux, même si elles ne sont «pas assez vite à notre goût».

«Si les libéraux ne le font pas et plient les genoux et s’amollissent devant des gouvernements conservateurs comme celui de Doug Ford, c’est sûr qu’on va les dénoncer. Mais est-ce que ça remet en question l’entente?», s’est demandé à haute voix le député de Rosemont–La Petite-Patrie.

«Dans l’entente, il n’y a pas cet élément-là, donc on va respecter ce qu’on a signé, mais ça ne nous empêchera d’être une opposition efficace et acharnée sur cet enjeu-là», a poursuivi M. Boulerice.

Une source au sein du gouvernement a voulu remettre les pendules à l’heure.

«Avant les fêtes, Jagmeet voulait qu’on démontre du leadership en matière de santé, sinon il menaçait de se retirer de l’entente. Maintenant que les négociations progressent et que tout le monde semble vouloir travailler ensemble, Jagmeet veut qu’on dise aux provinces comment gérer leurs hôpitaux. Ça manque de sérieux», a déclaré cette source.

Des deux côtés, rien n’indique qu’on semble vouloir aller en élection cette année.

«Si on veut être capable d’embaucher plus de personnel dans les hôpitaux et de faire les rénovations nécessaires, je ne pense pas que c’est une élection cette année qui va accélérer [les choses]», a fait savoir Alexandre Boulerice.

Justin Trudeau a insisté pour dire que les négociations actuelles avec les provinces portaient sur des investissements à moyen et à long terme.

«Oui, il y a des besoins d’aide maintenant, mais ça, les provinces ont la capacité fiscale d’investir tout de suite dans les besoins de tous les jours qu’on a maintenant», a-t-il dit mercredi.

Les premiers ministres provinciaux ont prévu de se rencontrer au mois de février à Ottawa pour faire avancer et possiblement clore une bonne fois pour toutes les négociations entourant les transferts. M. Trudeau a été cordialement invité à participer à la rencontre.

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