/world/usa
Navigation

Les documents confidentiels de Biden, une affaire à mèche lente

Les documents confidentiels de Biden, une affaire à mèche lente
AFP

Coup d'oeil sur cet article

De premiers dossiers découverts dès novembre, mais une Maison-Blanche qui ne communique qu’à partir de janvier et au compte-gouttes, souvent sous la pression de révélations dans la presse... 

• À lire aussi: Six documents confidentiels supplémentaires saisis dans la résidence familiale de Biden

• À lire aussi: La bataille pour le droit à l'avortement «n'est pas finie», assure Biden

Voici une chronologie de l’affaire des documents confidentiels qui embarrasse aujourd’hui le président américain Joe Biden.

– Premiers dossiers Le 2 novembre 2022, les avocats personnels du démocrate, qui s’apprête alors à fêter ses 80 ans, vident un bureau que Joe Biden a occupé de manière occasionnelle entre la mi-2017 et le lancement de sa campagne en 2020.

Dans un placard fermé, ils retrouvent des archives remontant à l’époque où il était vice-président de Barack Obama (2009-2017), dont « un petit nombre de documents portant une classification confidentielle ».

Ils les remettent le lendemain aux Archives nationales, auxquelles tous les présidents et vice-présidents sont tenus de remettre leurs papiers, notes et communications quand ils quittent leurs fonctions.

La Maison-Blanche ne fait aucune communication publique sur cette découverte. Elle intervient quelques jours avant les très importants scrutins de mi-mandat (« midterms »), et alors que l’ancien président Donald Trump est lui-même dans le viseur de la justice pour la gestion de ses archives présidentielles.

– Enquête et nouvelles découvertes Le 9 novembre, le ministère de la Justice commence à enquêter sur la gestion de ces documents par Joe Biden.

Le 20 décembre, les avocats personnels du président font une autre découverte, cette fois dans le garage de la maison de famille de Joe Biden à Wilmington (État du Delaware, est). Ils trouvent « un petit nombre de documents » confidentiels et en informent la justice.

Toujours pas de communication publique de la Maison-Blanche.

– Réactions à retardementLe premier communiqué de l’exécutif américain sort le 9 janvier 2023. La Maison-Blanche reconnaît, après la parution d’informations de presse, l’existence des documents retrouvés dans l’institut de recherches de Washington. Mais n’évoque pas ceux trouvés à Wilmington.

Le lendemain, depuis Mexico où il est en déplacement, c’est le président américain lui-même qui livre sa première réaction : il se dit « surpris » de la découverte des documents et assure qu’il n’en connaît pas le contenu.

Deux jours plus tard, la Maison-Blanche admet cette fois la découverte de documents dans la maison familiale de Wilmington, et parle d’un « petit nombre » de pièces trouvées dans le garage et d’une « page » trouvée dans une pièce adjacente.

L’affaire devient véritablement retentissante et le ministère de la Justice, soucieux de montrer son impartialité, nomme un procureur spécial pour enquêter, comme il l’a fait concernant Donald Trump.

La porte-parole de l’exécutif Karine Jean-Pierre, lors d’un breffage quotidien houleux, affirme que la fouille de la maison de Wilmington s’est « terminée hier soir », donc le 11 janvier.

– « C’est du vent » nouveau rebondissement le 14 janvier : l’avocat de la présidence américaine Richard Sauber indique qu’il a retrouvé la veille, donc le 13 janvier, cinq « pages » supplémentaires de documents classifiés dans la pièce adjacente au garage de cette résidence cossue du Delaware.

Cela porte le total des découvertes dans cette pièce en particulier à « six pages ».

Il est difficile à ce stade, et le restera d’ailleurs par la suite, de savoir exactement combien de documents ont été retrouvés au total, entre la maison familiale et le bureau situé à Washington, et de quelles nature ou format sont ces pièces. Pas d’indication non plus sur le degré de sensibilité des dossiers concernés.

La Maison-Blanche parle tantôt de « documents », de « pages » ou plus vaguement de « pièces » (« items »).

En marge cette fois d’un déplacement en Californie le 19 janvier, Joe Biden affirme n’avoir « aucun regret » dans cette affaire et assure que « c’est du vent ».

– Fouilles du ministère de la Justice L’avocat personnel du président, Bob Bauer, annonce le 21 janvier la découverte de « six pièces composées de documents portant un marquage confidentiel » dans la maison de Wilmington.

Au-delà du sentiment de déjà-vu, cette trouvaille diffère des précédentes : ce ne sont pas les avocats de Joe Biden qui ont mis la main sur les pièces concernées, mais des représentants du ministère de la Justice.

Le conseil de Joe Biden précise que c’est le président lui-même, par l’intermédiaire de ses avocats, qui a proposé au ministère de la Justice de fouiller la résidence. En d’autres termes, il ne s’agissait pas d’une perquisition effectuée sous la contrainte.

La fouille, qui a eu lieu le 20 janvier, a duré de 9 h 45 à 22 h 30, et a concerné toutes les pièces de la maison.

Autre différence : certains des documents retrouvés datent des fonctions de vice-président de Joe Biden, mais d’autres remontent cette fois à sa carrière de sénateur, qui a duré plus de trente ans.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.