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Protection de biodiversité marine: les chasseurs de phoque fustigent les États-Unis

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Après les pêcheurs de crabe et de homard du golfe du Saint-Laurent, ce sont maintenant les chasseurs de phoques de la région qui sont à couteaux tirés avec les Américains. 

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Depuis le taux record de 17 mortalités chez les baleines noires menacées d’extinction en 2017, dont 12 en eaux canadiennes, les États-Unis ont resserré leurs mesures de protection des mammifères marins (MMPA) et exigent des Canadiens qu’ils en fassent autant, à défaut de quoi ils leur fermeront l’accès à leur lucratif marché.

Ainsi, afin d’éviter les empêtrements des baleines noires dans les engins de pêche, Ottawa impose entre autres des fermetures de zones aux pêcheurs lorsque leur présence est signalée et investit des millions de dollars dans la recherche et développement de casiers sans cordages.

PHOTO COURTOISIE / Pêches et Océans Canada (MPO)

Malgré ces efforts, l’automne dernier, un organisme californien a appelé au boycottage du crabe et du homard du Canada, en mettant ces espèces sur sa «liste rouge».

Et voilà que c’est au tour des chasseurs de loups-marins de subir la politique américaine. L’Association des chasseurs de phoques intra-Québec (ACPIQ) dénonce le fait que les États-Unis veuillent empêcher le recours aux abats de phoque comme appâts alternatifs pour la pêche aux crustacés, en remplacement du maquereau et du hareng sous moratoire depuis l’an dernier.

«On sait pourtant pertinemment, constats scientifiques à l’appui, que l’expansion incontrôlée des populations de phoque gris et du Groenland et leur prédation démesurée sur les stocks de poissons sont parmi les causes principales du déclin de la biodiversité dans les eaux canadiennes, souligne Gil Thériault, directeur général de l’ACPIQ. Et les dernières victimes de cette prédation sont justement le maquereau et le hareng, des espèces historiquement utilisées pour boëtter [mettre des appâts] les cages à homard et à crabe.»

L’ACPIQ soutient que les parties moins nobles du phoque ont non seulement prouvé leur efficacité pour appâter les crustacés, elles proviennent d’une ressource locale abondante, ce qui éviterait les traces carbone engendrées par l’importation de boëtte étrangère.

«De plus, on sait que le phoque mange les appâts des pêcheurs, détruit les engins de pêche, dérange le frai des poissons et leur transmet des parasites. Une meilleure gestion de ce grand mammifère est donc nécessaire tant pour les pêcheries que pour la biodiversité», insiste M. Thériault.

«En interdisant l’utilisation d’appât à base de phoque, les Américains prouvent que leur MMPA n’a rien à voir avec l’amélioration de la biodiversité marine, mais qu’il sert seulement à satisfaire le dogme animaliste, ajoute pour sa part Yoanis Menge, président de l’ACPIQ. Ce n’est pas une loi pro-environnement, mais simplement un dictat politique d’apparence pour plaire au lobby anti-utilisation. Il est grand temps que ce règlement américain soit scientifiquement remis en question par le Canada.»

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