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Un influent néonazi montréalais coupable d’avoir incité à la haine envers les Juifs

Le néonazi de 36 ans avait juré que ses propos se voulaient « satiriques »

Gabriel SOHIER CHAPUT
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

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Un influent néonazi québécois qualifié de «danger imminent et très sérieux pour la société» a été déclaré coupable d’avoir fomenté la haine sur un site web populaire auprès des suprématistes blancs, lundi.

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«[Qu]’on persiste encore aujourd’hui à banaliser le rôle qu’a joué le nazisme envers les Juifs lors de l’Holocauste, et de continuer à vouloir s’acharner sur eux est profondément choquant», a tonné le juge Manlio del Negro, au palais de justice de Montréal.

Pendant deux heures, le magistrat a lu divers extraits de sa décision de 72 pages, fustigeant la crédibilité de Gabriel Sohier Chaput, 36 ans, et la stratégie de son avocate, Me Hélène Poussard.

Sohier Chaput a ainsi été reconnu coupable d’avoir fomenté la haine en tenant des propos nazis sur le site Daily Stormer de 2016 à 2017.

«La preuve à cet égard est accablante», a souligné le juge del Negro.

Rappelons que sous l’alias «Zeiger», Sohier Chaput a entre autres rédigé un texte raciste accompagné de «mèmes» invitant à s’en prendre aux Juifs.

«2017 sera une année d’action, pouvaiton lire. On doit s’assurer qu’aucun guerrier de la justice sociale ou Juif ne puisse rester à l’abri d’être choqué. Du nazisme non-stop, partout, jusqu’à ce que toutes les rues soient inondées des larmes de nos ennemis.»

«Propos satiriques»

Au cours du procès, Sohier Chaput a juré que ses propos se voulaient «satiriques». Il avait ajouté que, selon lui, les «vrais nazis» n’existent plus, et qu’il s’agissait plutôt d’une «invention d’Hollywood».

Le juge a qualifié ces explications de «trompeuses, farfelues, invraisemblables».

Le magistrat a d’abord décidé de placer en détention l’accusé en attendant sa sentence, estimant qu’il est un «danger imminent et très sérieux pour la société».

Il est toutefois revenu sur sa décision, abordant comme condition que l’accusé ait un accès limité à un ordinateur.

Confrontation

À un certain point, Me Poussard a semblé mettre en doute l’objectivité du magistrat.

«Est-ce que, monsieur le juge, la raison pour laquelle vous agissez ainsi à l’égard de mon client, c’est parce que j’ai porté une plainte [au Conseil de la magistrature] à votre égard?», a-t-elle laissé entendre, dubitative.

Le juge Manlio del Negro, qui a d’ailleurs reproché à la défense de «déformer des faits historiques» et de «réécrire l’histoire», a refusé en cour de commenter cette allégation. Selon nos informations, la plainte serait liée à une autre cause.

Me Poussard s’est plus tard retirée du dossier. Son client, qui pourrait recevoir sa sentence en mai prochain, est désormais représenté par Me Antonio Cabral.

Il n’a pas écarté la possibilité de porter le verdict en appel. La Couronne entend suggérer trois mois de détention.

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