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«Je me trouve cave en ta...!»: un jeune chauffard de 19 ans survit par miracle à une violente collision

Il veut que son manque de jugement serve à conscientiser les conducteurs imprudents à la vitesse sur les routes

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Après avoir frôlé la mort, un jeune homme qui se croyait invincible derrière le volant veut désormais sensibiliser les conducteurs téméraires à la vitesse sur les routes.

«Je me trouve cave en ta...!», laisse tomber Louis Charles Grégoire, 19 ans, en repensant à son attitude sur les routes, avant le 9 novembre dernier.

Ce soir-là, vers 22 h 30, l’amateur de sensations fortes rentrait d’une soirée entre amis à Saint-Denis-sur-Richelieu, en Montérégie. 

Sur le chemin du retour vers la municipalité de Saint-Ours, où il réside avec ses parents, le jeune homme a perdu le contrôle de sa Subaru grise et est entré en collision avec deux voitures garées.

La carcasse de sa Subaru grise après l’accident qui s’est produit le 9 novembre entre les municipalités de Saint-Denis-sur-Richelieu et Saint-Ours, en Montérégie.
Photo courtoisie Louis Charles Grégoire
La carcasse de sa Subaru grise après l’accident qui s’est produit le 9 novembre entre les municipalités de Saint-Denis-sur-Richelieu et Saint-Ours, en Montérégie.

«Je ne me souviens de presque rien. Juste que je me suis dit : “Bon, je suis mort”», se remémore difficilement l’accidenté.

«Mais j’ai lu des textos dans lesquels je disais être fatigué, ce soir-là. Et le compteur de vitesse a bloqué à 160 km/h. Je me suis peut-être endormi, et la vitesse a empiré l’accident», poursuit M. Grégoire.

Pour se défouler

Une vidéo captée par un témoin de l’accident laisse entendre une musique très forte, au rythme très rapide, vibrer dans la carcasse, qui selon Louis Charles est un indice de la vitesse à laquelle il roulait.

De son propre aveu, celui-ci se défoulait «souvent» en conduisant de manière effrénée. Ç’a peut-être été le cas.

«J’y repense. Ça n’a pas d’allure, concède-t-il. La vidéo que j’ai vue de l’accident n’arrête pas de rejouer dans ma tête.»

Secouru rapidement, le jeune mal en point a été transporté à l’Hôpital général de Montréal, où il a été placé dans un coma artificiel durant près de trois semaines.

Il est ensuite passé par un centre de réadaptation à Boucherville, avant de rentrer chez lui dernièrement, par miracle... presque sans séquelles.

«Penser deux fois»

Louis Charles affiche deux grandes cicatrices sur le crâne, résultat d’interventions qu’il a dû subir pour rester en vie.

«J’étais impressionné d’être encore en vie», se rappelle celui qui tient à ce que son manque de jugement serve de leçon non seulement pour lui, mais pour d’autres jeunes conducteurs qui aiment la vitesse.

Louis Charles Grégoire tout sourire quelque temps après sa sortie du coma artificiel après près de trois semaines avec deux grandes cicatrices sur le crâne.
Photo courtoisie Marie Elaine Grégoire
Louis Charles Grégoire tout sourire quelque temps après sa sortie du coma artificiel après près de trois semaines avec deux grandes cicatrices sur le crâne.

«Il y a d’autres places pour se défouler, lance-t-il. Je veux qu’ils retiennent de faire attention sur la route, de penser deux fois avant de peser sur la pédale. Ta vitesse, fais-la tout seul. Il y a des endroits et des températures appropriés.»

«Il faut penser à ne pas mettre la vie des autres en danger, risquer de se tuer et penser au monde qu’on va faire pleurer», prévient le jeune homme.

Ce dernier croit par ailleurs que son expérience lui aura servi de révélation.

«Je ne suis plus à la même place. J’ai les idées plus claires. J’ai des projets, des idées pour le futur», affirme M. Grégoire, qui aimerait éventuellement profiter de sa deuxième chance pour donner des conférences dans des écoles secondaires.

Impuissante

Selon sa mère, ce changement d’attitude marque chez son fils une «énorme» différence, lui qui ne voulait rien entendre auparavant. Même ses amis lui disaient de ralentir en voiture.

«Ça, c’est mon petit miraculé. Ils ont failli le perdre deux fois», lance d’abord Marie Elaine Poirier, en enlaçant Louis Charles.

«Avant, il n’aurait jamais eu ce discours. Maintenant, c’est lui qui dit à ses amis de ralentir», affirme la mère de famille de 43 ans, dont le plus jeune, Émile, a grandement été traumatisé par les événements.

«Ça faisait longtemps qu’on avertissait Louis Charles. Mais il ne nous écoutait pas. Il vivait toujours à 100 milles à l’heure. J’étais terrifiée. Mais comme parent, tu es impuissant», souffle-t-elle.

Photo Jonathan Tremblay

Les problèmes de comportement de son aîné sur la route l’inquiétaient tellement que son accident, elle l’appréhendait avec inquiétude depuis longtemps.

«J’avais de la peine, mais je n’étais pas surprise. La plus grosse peur que j’avais, c’était qu’il frappe quelqu’un», renchérit Mme Poirier.

«Il se croyait invincible et il l’a eu en pleine face. Il était tellement sûr que ça n’arriverait pas. Je pense qu’il a eu peur, là», croit-elle maintenant avec espoir.

En sauver un autre

Mais comme toute bonne maman, Marie Elaine Poirier est incapable d’en vouloir à son garçon qui lui a causé beaucoup d’inquiétude.

«Je lui pardonne ce qui est arrivé. Tout ce que je veux, c’est qu’il soit heureux. La seule séquelle que je lui souhaite, c’est d’avoir peur en auto», dit-elle, avec émotion.

«C’est maintenant que je réalise que j’ai failli perdre mon enfant. C’est mon enfant. On les aime, poursuit-elle, la larme à l’œil. Si le fait de [sensibiliser] peut sauver la vie de quelqu’un, je serai contente.»

Pour sa part, Louis Charles n’est pas indifférent au fait d’avoir vu ses amis et ses proches s’en faire à ce point pour lui.

«Ça me touche. J’ai de la misère à avoir de la peine et à pleurer [depuis]. Ça va me prendre du temps», conclut-il.

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