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La réinvention d’Éric Duhaime

La réinvention d’Éric Duhaime
Photo La Presse canadienne, Paul Chiasson

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Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, se fatiguera-t-il éventuellement de poireauter sans siège ni accès direct à l’Assemblée nationale ? Plusieurs se posent la question.

D’où certaines rumeurs voulant qu’il finisse un jour par faire le saut en politique fédérale aux côtés du chef conservateur, Pierre Poilievre. Vraiment?

L’impression est pourtant tout le contraire. Le fait est qu’Éric Duhaime semble avoir bel et bien trouvé son «x» en politique québécoise. Pour le meilleur ou pour le pire. Tout dépend de la perspective...

Que son parti lui ait accordé un salaire annuel de 130 000 $ y contribuera sûrement aussi. Puisqu’il n’est pas indépendant de fortune, sans cela, il lui serait impossible de tenir le coup pendant quatre ans.

Malgré son absence du Salon bleu pour le prochain mandat, sa première consolation fut néanmoins d’être invité à rencontrer privément le premier ministre, François Legault. Tout comme les autres chefs d’opposition.

Évidemment, il est tout à l’avantage politique de M. Legault d’aider lui-même à entretenir la division de l’opposition entre quatre partis distincts. Du jamais-vu au Québec.

Sans réforme du mode de scrutin, plus cette division perdurera, plus la domination de la CAQ se consolidera. C’est purement mathématique.

Opération «réinvention»

Un autre signe de la volonté d’Éric Duhaime de ne pas faire défection à Ottawa est son opération déjà lancée de «réinvention». Autant pour son parti que pour son propre style de leadership.

Il faut dire qu’avec 57 % des répondants qui, dans le Baromètre annuel Léger sur les personnalités politiques québécoises, ont dit avoir une mauvaise opinion de lui, toute «réinvention» devient urgente.

En chemin vers une série de colloques thématiques et un congrès prévu pour l’automne 2023, le chef conservateur a annoncé qu’il renouvelait son bureau de direction. Son but explicite étant de «professionnaliser» son parti.

Bref, de projeter l’image d’un parti capable de quitter les ligues mineures en le rendant, disons, plus conforme aux autres partis sur le plan organisationnel.

Parmi ses nouvelles recrues, on compte Louise Soucy, gestionnaire de métier. Elle sera la nouvelle directrice générale du PCQ. Olivier Dumais, maire de Saint-Lambert-de-Lauzon, présidera la commission de l’organisation du parti.

Y’en aura pas de facile

Pour renouveler son image, son équipe et son message, Éric Duhaime a aussi annoncé ses principaux thèmes de la rentrée : ressources naturelles, réforme démocratique, santé, politique énergétique, finances publiques et inflation.

Comme quoi il a bien vu venir la fin imminente de la vague antivax et contre les mesures sanitaires sur laquelle il avait surfé puissamment durant la pandémie. 

Victimes d’un mode de scrutin devenu incapable de représenter équitablement la répartition réelle des votes au Québec, nous pouvons néanmoins nous attendre à ce que le thème de la réforme démocratique occupe amplement les instances du PCQ et leur chef.

Même s’il a récolté 12,91 % des voix et 530 786 votes, sans le moindre élu, le PCQ se retrouve en effet Gros-Jean comme devant.

Cela dit, sans siège à l’Assemblée nationale, les quatre prochaines années s’annoncent frustrantes pour les troupes conservatrices. Comme quoi, pour Éric Duhaime, aussi «réinventé» soit-il, il n’y en aura pas de facile...

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