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Pollution lumineuse: un ciel étoilé en voie de disparition

L’éclairage aux DEL, de plus en plus populaire, est pointé du doigt par les scientifiques

Mont Royal Mont Mégantic
Photo fournie par Rémi Boucher, Parc national du Mont-Mégantic Impossible de comparer la vue dans la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (à gauche) à celle qu’offre le sommet du mont Royal (à droite), où il y a à peine une centaine d’étoiles visibles, à cause de la pollution lumineuse.

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Le ciel étoilé est en train de disparaître bien plus vite que prévu, révèle une nouvelle étude basée sur plus de 50 000 observations de citoyens dans le monde. Et le Québec n’y échappe pas.

« La croissance de la pollution lumineuse est étourdissante. C’est deux à trois fois plus qu’on pensait », constate le professeur en physique du cégep de Sherbrooke Martin Aubé, au fait des résultats publiés dans la prestigieuse revue Science il y a quelques jours.

L’étude en question démontre que la nuit devient en moyenne 10,4 % plus lumineuse chaque année depuis 2011 en Amérique du Nord, selon les 51 351 observations à l’œil nu de ses participants.

« Honnêtement, je ne pense pas que le Québec fasse exception, à part dans certaines régions où on fait des efforts », dit Rémi Boucher, coordonnateur scientifique de la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic.

Des lampadaires nuisibles

Au Québec comme ailleurs, cette pollution grandissante s’explique en partie par l’installation de lampadaires équipés de DEL (diodes électroluminescentes) dans les métropoles et sur les routes.

« Ils contiennent une proportion de lumière bleue plus élevée [que l’ancien éclairage jaune au sodium], ce qui les rend beaucoup plus dommageables », explique Martin Aubé.

Leur impact sur la pollution lumineuse a aussi été grandement sous-estimé par le passé, puisque le satellite le plus utilisé pour étudier la Terre pendant la nuit est « aveugle » à la lumière bleue qu’ils émettent.

« On a pu démontrer que la science citoyenne représente un ajout important aux méthodes de mesure antérieures », s’est d’ailleurs réjoui dans un communiqué Christopher Kyba, l’auteur principal de l’étude associé au Centre de recherche sur les géosciences GFZ de Potsdam, en Allemagne.

Adieu Petite Ourse

Aujourd’hui, bien des habitants des grandes villes québécoises ne peuvent même plus admirer la constellation de la Petite Ourse par une nuit sans lune.

« Il ne reste que les planètes et les étoiles les plus brillantes », s’attriste Rémi Boucher, qui a longtemps animé des ateliers d’initiation à l’astronomie.

Mont Royal Mont Mégantic
Photo fournie par Rémi Boucher, Parc national du Mont-Mégantic

Serres trop brillantes

Le puissant éclairage des serres agricoles, encouragées par le gouvernement dans le but de développer l’autonomie alimentaire du Québec, aggrave aussi la pollution lumineuse. 

Par exemple, la lueur orange produite par les serres Toundra de Saint-Félicien (au Saguenay–Lac-Saint-Jean) est visible à au moins 80 kilomètres à la ronde.

« Ça nous nuit quand on veut observer les aurores boréales, au nord », regrette Claude Boivin, président du club d’astronomie du coin, les Boréalides.

Enfin, la santé humaine et animale est tout aussi affectée par la pollution lumineuse, surtout les nombreux animaux nocturnes, souligne le professeur Martin Aubé. 

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