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Quartier Neufchâtel: un médecin pour perpétuer la tradition du bar Lionel

L’établissement détenu par Guy Baillargeon depuis 50 ans changera de mains en avril

Quebec
Photo Stevens Leblanc Propriétaire du bar Lionel depuis 50 ans, Guy Baillargeon (à droite) a conservé plusieurs photos au fil du temps, qu’il exhibe au futur propriétaire, Russell Eyestone, lequel conservera l’âme de l’établissement.

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Le bar Lionel, une institution du quartier Neufchâtel, à Québec, sera repris par un médecin de profession qui est tombé en amour avec l’établissement ouvert depuis 1972. 

Après 50 ans sur le plancher, c’est avec les bras meurtris, mais le cœur rempli de souvenirs que le propriétaire Guy Baillargeon tendra le flambeau en avril à Russell Eyestone, un médecin qui conservera la vocation de l’établissement. 

Rendu à l’âge vénérable de 76 ans, M. Baillargeon, qui est le fils de Lionel et le neveu de Paul de la célèbre famille d’hommes forts, s’inquiétait depuis quelques années pour l’avenir du commerce qu’il a bâti pendant un demi-siècle. 

«Je me disais : je vais rester ici jusqu’en fin de vie. J’aurais pu le vendre à des gens qui voulaient faire des logements, mais je ne voulais pas», mentionne l’homme assis au comptoir de son bar devenu mythique pour les jeunes et les moins jeunes du quartier. 

D’ailleurs, des discussions étaient amorcées avec des promoteurs immobiliers intéressés à construire des condos locatifs comme il y en a des dizaines dans ce secteur, sur l’avenue Chauveau.  

Toutefois, M. Baillargeon a probablement pris une des meilleures décisions de sa vie.

«J’ai dit à mon agent [immobilier] appelle M. Eyestone, qui avait déjà démontré de l’intérêt, et le processus s’est enclenché», explique-t-il en sirotant une bonne bière.  

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Y a-t-il un médecin dans la salle? 

Même si allier la médecine et la vie de bar peut sembler peu orthodoxe, le Dr Russell Eyestone ne s’en fait pas trop avec le regard des autres.

«Peut-être qu’il y en a qui trouvent ça bizarre, mais ils ne me le disent pas», dit-il en riant. 

Retraité des Forces armées canadiennes depuis 2018, le natif de Vancouver s’est installé avec sa famille dans Neufchâtel et il est maintenant urgentologue à l’Hôpital Saint-François d’Assise.

Il promet qu’il va conserver l’âme du bar Lionel. 

«Il y a un lien de confiance qui est établi entre Guy et moi», raconte le père de famille de 45 ans qui a des projets plein la tête, dont la possibilité d’un agrandissement à moyen terme. 

L’histoire de La taverne 

C’est autour de 1972 que Guy Baillargeon a pris officiellement possession de la Taverne Mauger, alors construite depuis deux ans.  

Comme on peut le voir dans la pièce de théâtre Broue, les femmes n’avaient pas leur place dans les débits de boisson à cette époque. «C’était vraiment l’endroit des hommes, beaucoup de travailleurs arrêtaient en finissant. Certains avaient leur propre place», se rappelle-t-il. 

Au début, le nouveau propriétaire occupait deux emplois puisqu’il continuait de travailler à l’Hôtel Baillargeon de son oncle, sur la rue Saint-Vallier, à Québec. 

Assez rapidement, l’homme alors dans la vingtaine s’est consacré à sa taverne, qui changera de nom pour la Brasserie Lionel en l’honneur de son père. 

Il en a profité aussi pour décorer l’endroit avec des photos des six frères Baillargeon alors très populaires, ce qui lui donnait une certaine notoriété. 

«Nous en avons organisé des affaires ici. Des concours d’hommes forts sur le terrain, ah! des années de bonheur», dit-il avant de pointer l’enseigne extérieure.

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