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Constitution: est-ce que ça intéresse les Québécois?

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Chaque vendredi, à l’émission que j’anime sur les ondes de QUB radio, je parle de cinéma avec Joseph Facal.

Plus particulièrement, de la façon dont certains films nous permettent de mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons.

LE ROI ARCAND

Vendredi, Joseph et moi choisirons les films québécois qui, selon nous, représentent le mieux le peuple québécois.

Nos qualités, nos défauts, nos rêves et nos aspirations.

Je ne sais pas encore quels seront les choix de Joseph, mais je peux vous dire tout de suite quel sera mon choix numéro un : Le Confort et l’indifférence de Denys Arcand.

Tourné au lendemain du référendum de 1980, ce documentaire cinglant est passé à l’histoire pour une scène contro-versée faisant un lien entre la défaite du Oui et le Salon de l’auto.

Si le Non a gagné, dit Arcand dans son film, c’est parce que les Québécois sont plus intéressés par leur char que par l’avenir de leur nation.

Je caricature, mais à peine.

À la sortie du film, plusieurs critiques ont attaqué Arcand en disant qu’en promenant sa caméra sur des amateurs d’auto qui nous parlaient avec amour de leur véhicule récréatif (sans savoir qu’ils participaient au tournage d’un pamphlet politique dénonçant l’apathie des Québécois), le réalisateur se montrait condescendant envers le « bon » peuple.

Pourquoi ne pas nous avoir aussi montré « le confort et l’indifférence » des riches et des bourgeois ? demandèrent ces critiques.

Tout simplement parce que c’est plus difficile de tourner chez les riches, répondit avec raison Arcand. Leur quétainerie est moins ostentatoire, ils ne l’exposent pas à la vue de tous.

Ils font ça derrière des portes closes. (Portes que Denys Arcand avait défoncées avec panache neuf ans auparavant dans son film de fiction, Réjeanne Padovani).

UN RÉVEIL DU PEUPLE ?

Bref, pourquoi je choisis Le Confort et l’indifférence comme film le plus représentatif de l’homo quebecus ?

Parce que 41 ans après sa sortie, ce documentaire demeure (malheureusement) toujours aussi pertinent.

Regardez la récente déclaration de Justin Trudeau concernant la clause dérogatoire.

Le gouvernement fédéral songe à aller devant la Cour suprême pour limiter le droit des provinces à utiliser une clause qui est pourtant inscrite au cœur même de la Constitution.

« C’est une attaque frontale contre le Québec ! », tonne François Legault.

Monsieur Legault espère que les Québécois piqueront une sainte colère si jamais la Cour suprême invalidait les lois 21 et 96.

Or, rien n’est moins sûr.

Comme l’a écrit Michel David dans Le Devoir hier, les Québécois ont d’autres chats à fouetter.

Comparée aux problèmes concrets qui accablent présentement le Québec (pénurie de main-d’œuvre, inflation, crise du système de santé, etc.), « la disposition de dérogation paraît bien ésotérique ».

Peut-on blâmer les Québécois ?

DU CONCRET !

Le défi de François Legault sera de rendre ce dossier concret.

De montrer que les questions constitutionnelles, loin d’être des débats abstraits, touchent les Québécois dans leur vie de tous les jours.

« Bonne chance », ai-je le goût de dire à notre PM.

Car en 2023, le Québécois moyen n’est pas couché sous son VR.

Il est penché sur son cell. À regarder des vidéos de chats.

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