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De Robert Bourassa à François Legault: régression ou progrès?

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François Legault et Paul St-Pierre Plamondon se sont rencontrés hier.

Le premier ministre, en ce moment, veut savoir quelles sont les priorités des chefs des oppositions. Et le chef du PQ en a profité pour lancer un appel au chef de la CAQ: ne demandez pas moins pour le Québec que Robert Bourassa.

Bourassa, on le sait, n’était pas souverainiste. Mais jamais il n’a fermé la porte une fois pour toutes à l’indépendance. Toujours, il a conservé l’indépendance dans son jeu comme un dernier recours, si des circonstances historiques l’exigeaient – on aura compris que pour lui, ces circonstances ne se sont jamais présentées. On se souviendra quand même qu’après l’échec de Meech, il a rappelé, devant l’histoire, que le Québec était libre et maître de son destin, qu’il avait un plein droit à l’autodétermination.

Indépendance

On peut croire, et c’est mon cas, que Robert Bourassa a a été déloyal  au Québec au début des années 1990, qu’il fut dominé alors par sa peur atavique de l'indépendance, en refusant d’opter pour l’indépendance quand il était possible d’en faire une décision consensuelle au Québec. Mais encore une fois, il s’est toujours assuré de garder cette carte dans le jeu des Québécois.

Mais qu’en est-il de François Legault?

Lui a déjà été indépendantiste, et ardemment. Ils sont nombreux à croire que derrière sa conversion de façade au cadre canadien, qui relève chez lui davantage de la résignation que de la conviction, il conserve des sentiments indépendantistes.

Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, parce qu’il croit qu’un troisième référendum serait perdant, et parce que sa coalition repose sur la censure de la question constitutionnelle, il est tenté de fermer à double tour la possibilité de l’indépendance.

Il n’a rien d’autre à dire sur cette question que les Québécois ne veulent pas de troisième référendum. Certes. Au sens strict, à court terme, ce n’est pas faux.

Mais lui, si les circonstances historiques ouvraient de nouveau la question, que répondrait-il?

Il refuse de répondre, car, je l’ai dit, il refuse de poser la question. Il nous enferme à double tour mentalement dans le Canada par défaitisme référendaire.

Ce qui veut dire, concrètement, qu’il va moins loin politiquement que Robert Bourassa, qui était pourtant, lui, un fédéraliste avoué.

C’est ce que PSPP a rappelé en demandant à François Legault de sortir de ce refus absolu de poser la question nationale et d’au moins reconnaître que l’indépendance est une option légitime pour le Québec. PSPP invite ainsi François Legault à reconnaître «les options du Québec».

PSPP

De ce point de vue, PSPP fait œuvre de pédagogue, et fait œuvre utile politiquement.

Car si François Legault, qui croit trop souvent qu’une politique nationaliste consiste à se fâcher dans un communiqué de presse contre Ottawa, n’est même pas capable d’envisager la possibilité de l’indépendance, comme le faisait autrefois un premier ministre libéral qui lui ressemble un peu, il aura confirmé aux yeux de tous que son nationalisme est un nationalisme de façade, qui joue du cocorico identitaire pour exciter électoralement les francophones, mais qui est incapable de poser sérieusement la question de l’avenir politique du Québec.

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