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Dorloter Mohammed ben Salmane

Mohammed Ben Salmane
Photo d'archives, AFP Mohammed Ben Salmane

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En 2018, nous apprenions avec stupeur et dégoût l’assassinat du journaliste d’origine saoudienne Jamal Khashoggi. Torturé, étranglé puis démembré à l’aide d’une scie à os, le journaliste du Washington Post se trouvait alors au consulat d’Arabie saoudite en Turquie.

L’opinion publique américaine était indignée, la condamnation du commando saoudien responsable de l’opération fut virulente et les autorités américaines se retrouvaient alors dans une situation difficile en raison de leur relation avec un allié capricieux et turbulent.

La colère était unanime. C’est du moins ce que je croyais jusqu’à la publication d’extraits du livre de l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo.

Khashoggi l’a cherché

Si notre attention est un brin détournée par l’intense couverture médiatique de la saga délirante des documents secrets qu’on semble désormais retrouver partout (c’est maintenant au tour de Mike Pence), la plupart des grands journaux ont consacré quelques lignes à la parution mardi de Never Give an Inch: Fighting for the America I love.

Je suis de ceux qui s’intéressaient à la publication de l’ouvrage en raison du parcours de Pompeo. Diplômé de West Point (premier de sa cohorte), officier dans l’armée, représentant républicain au Congrès, directeur de la CIA puis secrétaire d’État, le natif de la Californie pourrait bien poursuivre sa carrière politique, que ce soit en briguant un siège de sénateur ou en rêvant de la Maison-Blanche.

Aucune des réactions aux propos de Pompeo ne fut plus brutale que celle de l’ancien employeur de Khashoggi, le Washington Post. Vous pouvez consulter ici la semonce de l’équipe éditoriale.

Ce que le Post et plusieurs autres sites condamnent, c’est ce qu’on considère comme une tentative de discréditer le défunt journaliste tout en faisant un appel du pied au prince héritier, identifié comme commanditaire de l’assassinat par les renseignements américains.

Dans les mots de Pompeo, Khashoggi ne mérite pas le titre de journaliste auquel il substitue celui d’activiste. Non content de discréditer un adversaire qui ne peut se défendre, il pointe ensuite un doigt accusateur en direction des médias, allant jusqu’à se moquer de la couverture qu’il juge disproportionnée des événements de 2018. 

Il ne s’arrête pas là, reprochant aux progressistes leur haine du prince héritier et leur sympathie pour la victime qu’il associe malhonnêtement à la Société des Frères musulmans, organisation souvent classée comme terroriste.

Le trumpisme sans Trump

Si je vous dis qu’il ment, qu’il désinforme, qu’il jette le blâme sur les médias, qu’il divise, qu’il manque de respect à un défunt et à sa conjointe survivante ou qu’il se refuse à une condamnation sérieuse, ne vous étonnez pas si vous confondez le nom de Pompeo avec celui de son ancien patron Donald Trump.

Si pour l’instant ce sont les noms de Ron DeSantis, Donald Trump et Mike Pence qu’on évoque le plus souvent pour la présidentielle de 2024, Pompeo, jusque-là tapis dans l’ombre, déplace ses premières pièces sur l’échiquier. L’Iznogoud républicain veut être calife à la place du calife.

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