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Le vrai prix de McKinsey

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Le comité parlementaire qui amorcera son enquête la semaine prochaine sur les contrats octroyés par Ottawa à la firme de consultants McKinsey n’est pas au bout de ses peines.

Car le secret, c’est la marque de commerce de l’illustre firme, ce qui lui a permis au fil des ans d’opérer dans 65 pays, d’exercer une telle influence qu’on peine à en saisir toutes les ramifications.

C’est du moins le portrait troublant qu’ont dressé deux journalistes américains, Walt Bogdanich et Michael Forsythe, dans un livre choc qui devrait être sur la table de chevet de tous les parlementaires, ministres et sous-ministres.

When McKinsey comes to town dresse le portrait d’un empire sans morale qui chuchote aux oreilles des despotes et des élus.

On ne peut que s’en inquiéter ici.

Cheval de Troie

L’expression vient d’un ancien associé sénior qui aurait ainsi qualifié la stratégie McKinsey. Lorsqu’on met le pied dans la porte, il faut s’étendre à l’ensemble de l’organisation.

Difficile de ne pas voir le parallèle avec les cibles d’immigration du gouvernement Trudeau.

Le PDG de McKinsey à l’époque, Dominic Barton, avait présidé le comité économique consultatif à l’origine d’une immigration massive pour stimuler la croissance au pays. Et McKinsey ? Eh oui, elle a obtenu de lucratifs contrats du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration.

Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Car McKinsey a aussi étendu ses tentacules au sein de la Défense nationale, de Santé Canada, pour ne nommer que ceux-là.

Car la recette McKinsey, c’est aussi de jouer sur les deux tableaux. Aux États-Unis, par exemple, elle a obtenu des contrats de presque toutes les compagnies pharmaceutiques, les compagnies de tabac aussi, tout en travaillant pour la FDA qui les réglemente. 

Quelles entreprises d’ici bénéficient de ce potentiel double jeu ?

McKinsey invoquera ses « murs internes » pour empêcher les conflits d’intérêts. Vous y croyez ?

Valeurs

Le malaise, donc, dépasse largement la perte d’expertise au sein de la fonction publique, l’influence occulte sur nos politiques publiques.

Il frappe au cœur des valeurs mêmes du gouvernement Trudeau.

Car McKinsey n’a pas peur de se salir les mains.

Scandale de corruption en Afrique du Sud, contrats en Russie avec des entreprises sous sanctions, liens étroits avec le régime d’Arabie Saoudite.

Pourquoi un gouvernement qui prêche la démocratie, l’émancipation des femmes, la liberté de presse inviterait-il dans ses rangs une entreprise à la feuille de route si trouble ?

Au moins, on s’explique facilement pourquoi Justin Trudeau a nommé Dominic Barton ambassadeur en Chine en 2019, lors de l’emprisonnement de Michael Kovrig et Michael Spavor.

L’ex-PDG de McKinsey fut le pilier de la firme en Chine. Ayant servi des entreprises d’État au cœur du pouvoir économique et militaire chinois, McKinsey a en quelque sorte propulsé la Chine dans la modernité et aidé le président Xi Jinping à y consolider son pouvoir.

Cette même Chine que nous redoutons tant maintenant. Cette même firme qui planche sur nos politiques publiques. 

McKinsey nous a déjà coûté plus de 100 M$. Reste à voir s’il y aura un prix politique.

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