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«NOMO Sapiens»: Boucar Diouf se penche sur l'intelligence et la connerie humaine

Boucar Diouf
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

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C’est en alliant science et humour que l’ancien enseignant en biologie Boucar Diouf est devenu un humoriste, puis un artiste complet. «Quand tu fais rire les gens, ils te donnent tout, confie-t-il. Ils t’ouvrent leur bulle et t’ouvrent leur cœur.» À 57 ans, il propose son cinquième spectacle en solo : NOMO Sapiens.

«Je suis sur mon X, lance d’emblée Boucar Diouf. Je fais ce que j’ai envie de faire : des spectacles d’humour, j’écris des livres, je fais de la vulgarisation à la radio, des conférences... Je me sens privilégié et béni des dieux.»

Ce cinquième spectacle solo, l’humoriste y travaille depuis trois ans. Son but ? Tenter de replacer l’humain dans la création, en pointant ce qu’il a de spécial.

«Moi je dis : je vais te replacer à l’endroit exact, entre le chimpanzé (vivant dans un système phallocratique) et le bonobo (évoluant dans un système où les femelles ont le pouvoir) et on va essayer d’expliquer pourquoi tu es un mélange des deux, dit-il, le regard brillant. Alors quelqu’un qui ne veut pas entendre parler de cousinage avec les grands singes, ce n’est pas une bonne idée de venir voir mon spectacle [rires].»

Le titre NOMO Sapiens renvoie au désir de l’humoriste de parler de «l’intelligence et de la connerie humaine». Le NO évoquant le nono qui sommeille en chacun de nous. 

«J’amène la science dans l’humour, poursuit l’artiste d’origine sénégalaise arrivé à Rimouski en 1991. J’avais envie de me demander comment on est devenu une espèce très intelligente à la fois capable de faire des conneries épouvantables !»

Cela a donné un spectacle «très drôle, malgré le sujet complexe», dans lequel il a fièrement glissé des clins d’œil à la lutte féministe. Son désir ultime reste celui de toucher ses trois cibles du corps humain : la rate, l’esprit et le cœur. 

La liberté dans l’humour

«Le rire est un ventilateur pour évacuer le trop-plein de chaleur dans le cerveau qui est hyperactif, croit celui qui a toujours eu une propension à rire et à faire rire. Le rire nous permet d’échapper à cela, aux tracas du quotidien aussi. C’est bon pour la santé physique et mentale. Le rire nous donne un petit répit»

Ce cerveau qui surchauffe a parfois besoin d’être mis sur pause et l’intellectuel Boucar Diouf n’est certainement pas de ceux qui jugent les autres types d’humour. 

«Je n’en ferais pas, mais je milite pour que ça existe, dit-il en abordant la récente saga suscitée par l’émission humoristique LOL et ses blagues scatologiques. Il y a des gens qui adorent cela et il ne faut pas les dénigrer. Tout comme il y a des gens qui ne viendront pas voir un spectacle qui parle de l’évolution.»

Le petit Boucar, qui a grandi avec une maladie ayant attaqué sa jambe droite l’empêchant de jouer au soccer avec ses frères, a appris tôt à dévier l’attention au moyen de l’humour. «Je compétitionnais par l’esprit et cela est resté», dit l’artiste dont le rêve est de monter sur les planches de la Place des Arts pour son 60e anniversaire.  

  • Boucar Diouf parcourt le Québec--- avec son spectacle NOMO Sapiens. Il s’arrêtera à Brossard le 2 février, à Shawinigan le 11 mars et à Trois--Rivières le 31 mars. Billets : boucar-diouf.com/
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