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Semaine de découverte des musulmans: pour aller au-delà de notre vision actuelle

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Il est évident que la préservation de la langue et de la culture québécoises est, à juste titre, une préoccupation constante des décideurs et des dirigeants de la province, étant à l'écoute des populations qu'ils servent.  

Pourtant, trop souvent, le sujet de l'inclusion est absent de la conversation. 

Les communautés minoritaires sont rarement intégrées à la vision d'une province dynamique et prospère où le français est parlé par les nouveaux arrivants, et où les traditions québécoises peuvent être transmises aux nouvelles générations de Québécois, quels que soient leur origine ethnique, leur religion ou leur athéisme.  

L’interculturalisme 

Il existe une clé pour encourager les personnes de cultures diverses à s'intégrer dans la province, par le biais du concept de l'interculturalisme, un point de vue typiquement québécois sur la manière de garantir l'inclusion des immigrants.  

Les immigrants sont très souvent désireux de s'adapter aux caractéristiques du Québec, mais l'accueil n'est pas toujours aussi chaleureux qu'ils l'espèrent où auquel ils s'attendent. Les stéréotypes, les mythes et la peur de l'autre peuvent faire obstacle à la construction de communautés fondées sur le respect et le soutien mutuels, où chacun est pleinement encouragé à réaliser son potentiel.  

 «Au Québec, les pontes poussent l'idée que les immigrants "diluent" nos valeurs, et certains chroniqueurs ont parlé de l'immigration comme de la "noyade démographique de la population francophone du Québec"», note la journaliste et auteure Toula Drimonis dans son récent livre, Nous, les autres.  

Plusieurs observateurs déplorent ces clichés et exhortent les Québécois de souche à surmonter la méfiance attisée par certains médias et déclarations politiques, et les encouragent à connaître les gens qui sont «différents». Les immigrants et les réfugiés ont beaucoup à apporter, et ils l'ont fait pendant des générations en s'installant dans la province. Pourtant, des efforts visant à aliéner ces communautés apparaissent régulièrement, en particulier en ce qui concerne les minorités musulmanes. 

«C'est une forme d'ignorance que de prétendre que les musulmans ne veulent pas faire partie de la société parce que leurs croyances sont incompatibles; c'est une autre forme d'odieux que de miner ceux qui réussissent le plus visiblement et contribuent de manière significative à la vie civique malgré de tels préjugés et obstacles», a déclaré Allison Hanes, chroniqueuse de la Gazette de Montréal, dans un article paru en 2021, à propos des efforts visant à dénigrer des personnalités musulmanes de premier plan.  

Ça ne devrait pas être comme ça. 

Pour mieux connaître l’autre 

Ce mois-ci, les Québécois de tous horizons auront l'occasion d'échanger et d'apprendre sur les diverses communautés musulmanes qui vivent parmi eux. La semaine annuelle de découverte des musulmans se déroulera en prélude à la sixième commémoration annuelle de l'attentat au Centre culturel islamique de Québec afin de promouvoir une meilleure compréhension et une plus grande solidarité. L'attentat représente le pire de ce que l'ignorance et la haine peuvent engendrer au sein de nos communautés – le profond désir d’éliminer un groupe particulier en se fondant sur des peurs irrationnelles alimentées par des récits simplistes et dangereux. 

Cette Semaine annuelle a été lancée un an après l'attentat afin d'offrir aux Québécois la possibilité d'aller au-delà de cet événement meurtrier et de trouver des moyens de construire un avenir où un tel crime ne se reproduira jamais. 

Après tout, six ans plus tard, la plupart des Québécois n'entendent parler des musulmans que dans le contexte d'un problème; les titres et les articles sont souvent centrés sur les débats, les accommodements, la discrimination et, parfois, la haine. 

L'obsession constante sur les tenues religieuses des communautés minoritaires, et en particulier sur le foulard des femmes musulmanes, a même conduit à l'adoption de la Loi 21. Les experts en droits de l'homme sont unanimes pour dire qu'une telle loi porte atteinte aux droits des minorités religieuses. 

Alors que les violations des droits de l'homme seront certainement un sujet d'examen critique, la Semaine de découverte des musulmans tente de créer un espace où les musulmans sont vus et compris comme étant plus que des objets de conflit. 

Au lieu de cela, les riches cultures de nos communautés sont partagées dans un effort soutenu afin de promouvoir une vision d’une société où la diversité est un atout, apportant de la richesse à ceux qui ont le cœur ouvert. 

Seuls ceux qui sont prêts à démystifier l'inconnu commenceront vraiment à voir qu'une autre sorte de province est possible, une province où le meilleur de tous les mondes est célébré et chéri.  

Photo courtoisie, Samira Laouni

Samira Laouni, Présidente, Semaine de la découverte des musulmans

Photo courtoisie, Cirian Spencer

Salam El-Mousawi, Trésorier, Semaine de la découverte des musulmans

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