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En route vers le Super Bowl: Jalen Hurts le quart effacé

Le pivot a contribué à transformer les Eagles

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Photo d'archives, AFP Le quart-arrière des Eagles Jalen Hurts lors de la période d’échauffement précédant le match contre les Giants, samedi.

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PHILADELPHIE | À quelques jours de la finale de la conférence nationale, le quart-arrière des Eagles Jalen Hurts sait que le défi qui attend son équipe face aux 49ers est colossal. Pourtant, sa voix est basse, son ton est calme, sa démarche est lente. Un peu comme s’il s’en allait jouer un match présaison en août plutôt que la dernière étape avant le Super Bowl.

Dans cette finale de conférence, tous les yeux semblent tournés vers le jeune quart recrue des 49ers. C’est Brock Purdy par ci, Brock Purdy par là. Son éclosion inattendue séduit les amateurs d’histoires impliquant des grands négligés.

Dans l’autre finale, celle de la conférence américaine, les prouesses de Patrick Mahomes avec les Chiefs et Joe Burrow avec les Bengals font couler des rivières d’encre. Dans ce quatuor de quarts-arrières, c’est un peu comme si Hurts devient la quatrième roue. 

Pourtant, il a été splendide à sa deuxième saison complète comme partant en réussissant 66,5 % de ses passes pour 3701 verges, dont 22 pour des touchés, contre seulement six interceptions. 

Il a aussi été imposant au sol avec 760 verges et 13 touchés, même s’il a raté deux matchs. Deux matchs que les Eagles ont d’ailleurs perdus, ce qui a encore plus cimenté sa valeur. Hurts est pourtant loin de se lancer des fleurs, ce que ses coéquipiers semblent apprécier.

« J’ai le désir de vaincre, je mets tous les efforts nécessaires, j’essaie d’être assidu sur tous les détails et je m’applique à être le meilleur leader possible. Je dis souvent que les leaders mènent parce que leurs pairs les laissent être des leaders », a-t-il dit en détournant le mérite vers les autres.

Des appuis forts

La progression de Hurts cette saison est notoire. À ses deux premières campagnes, son taux de passes complétées n’était que de 52 % et 61 %. Il a réduit son nombre d’interceptions de neuf à six et lancé six passes de touché et presque 600 verges de plus que l’an passé.

Hier, il a été nommé finaliste pour le titre de joueur le plus utile de la ligue, un honneur qui reviendra sans doute à Patrick Mahomes, le 9 février.  

« Je ne savais même pas », a murmuré Hurts lorsqu’il a été appelé à commenter cette nomination.

Si les partisans de Philadelphie sont reconnus pour être bruyants et émotifs, Hurts est plutôt la zénitude incarnée. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir tous les appuis du monde dans la ville.

« Il mérite de gagner cet honneur. Il a été la pièce la plus importante de tout ce qu’on a construit cette année. Je ne sais pas qui vote pour ces prix, mais dans mon esprit, il mérite tous les votes », a lancé l’ailier rapproché Dallas Goedert.

« Ses résultats parlent d’eux-mêmes. Il connaît une année phénoménale. Je sais que je suis biaisé, mais je le vois au travail chaque jour. Je sais qu’il mérite de tels honneurs, mais on a de plus grands objectifs collectifs », a pour sa part rappelé l’entraîneur-chef Nick Sirianni.

Un grand coup

Peu importe ce qu’il récoltera ou pas sur le plan individuel ou collectif, Jalen Hurts représente un coup fumant pour l’organisation des Eagles. 

Le directeur général Howie Roseman l’a repêché en deuxième ronde de l’encan de 2020, même s’il venait d’octroyer une prolongation de contrat à celui qui était identifié comme le quart-arrière de franchise, Carson Wentz.

Depuis, la chaîne a déraillé dans le cas de Wentz, qui a été échangé à deux reprises, et Hurts a pris le relais pour rapidement relancer les Eagles. 

Il faut dire qu’il était équipé pour vivre des situations peu commodes, lui qui avait été relégué au banc, au profit de Tua Tagovailoa, avec le Crimson Tide de l’Alabama, dans la NCAA. Il aura fallu un transfert en Oklahoma pour qu’il montre sa valeur.

À l’aube de son match le plus important en carrière à ce jour, à un pas du Super Bowl, Hurts est demeuré fidèle à lui-même. Peu de mots, que de l’action...

« Ce n’est pas le moment de réfléchir à mon cheminement parce qu’il n’est pas terminé », a-t-il sagement énoncé.

 

La revanche d’un duel mémorable

Le quart-arrière Brock Purdy en action lors de ce mémorable match universitaire du 9 novembre 2019 contre l’équipe dirigée par un certain Jalen Hurts… qu’il retrouvera sur son chemin, dimanche.
Photo d'archives, Reuters
Le quart-arrière Brock Purdy en action lors de ce mémorable match universitaire du 9 novembre 2019 contre l’équipe dirigée par un certain Jalen Hurts… qu’il retrouvera sur son chemin, dimanche.

C’est la première fois que Brock Purdy et Jalen Hurts seront impliqués dans un duel de la NFL, mais les deux quarts-arrières ont croisé le fer il y a quelques années et ce match demeure bien frais dans leur mémoire.

Il y a de quoi ! Le 9 novembre 2019, Hurts portait les couleurs des Sooners de l’Université de l’Oklahoma, à sa dernière saison dans la NCAA. Purdy, lui, s’alignait avec les Cyclones d’Iowa State, à sa deuxième année.

La troupe de Jalen Hurts était largement favorite pour l’emporter, par 14 points. En première demie, tout se déroulait comme prévu lorsqu’Oklahoma a pris une avance de 35-14. Puis, le ciel leur est tombé sur la tête quand Purdy a orchestré une furieuse remontée.

L’uN qui rit, L’autre qui pleure

Avec 24 secondes à écouler, Purdy a lancé la passe de touché qui devait permettre d’égaler la marque, mais l’équipe a opté pour un converti de deux points et sa passe a été interceptée. 

La victoire est allée à la fiche de Hurts et des Sooners, au compte de 42-41.

« Ce sont deux équipes différentes et deux époques différentes. Je me souviens encore que nous avions pris une avance rapide avec cinq touchés en première demie. 

« Ils ont effectué une remontée, mais nous avons finalement tenu le coup et je suis fier que l’on ait gagné. C’était un bon match », a lancé Hurts en esquissant presque un sourire, lorsqu’il est revenu sur cette rencontre, hier.

Performances magistrales

Les deux quarts-arrières avaient été phénoménaux. Purdy avait accumulé 282 verges par les airs avec cinq passes de touché, en plus de 55 verges au sol et un autre touché. 

Hurts avait pour sa part amassé 273 verges aériennes et trois passes de touché, en plus de 68 verges au sol et deux majeurs additionnels.

« J’ai beaucoup de respect pour lui », a continué Hurts en parlant de son vis-à-vis. Il réalise les gros jeux et il a la bonne attitude. Il est comme ça depuis qu’il est à l’université, donc je ne suis pas surpris de le voir réussir dans la NFL. »

Défenses aguerries

Évidemment, il y a bien peu de chances que le duel de dimanche soit aussi explosif. Les unités défensives des Eagles et des 49ers sont à des années-lumière devant celle de la conférence Big 12, où la défense est une arrière-pensée.

Cela n’empêche pas les deux antagonistes de repenser à ces moments glorieux du passé en s’apprêtant à renouer.

« Je me rappelle encore d’avoir le sentiment qu’il fallait marquer absolument à chaque fois qu’on avait le ballon. Le scénario sera très différent cette fois-ci, mais c’était un match auquel il était amusant de participer. C’était une bonne expérience de me retrouver face à face avec un quart comme Jalen », a mentionné Purdy, lors de son point de presse d’hier retransmis par les 49ers.

 

DANS LA VILLE DE L’AMOUR FRATERNEL

Le Journal débarque à Philadelphie cette semaine, en prévision de la finale de la conférence nationale qui sera disputée dimanche entre les Eagles et les 49ers. Reconnue comme la ville de l’amour fraternel, Philadelphie n’en a que pour ses Eagles. En déambulant dans les rues, quand l’un porte une tuque de l’équipe et qu’un passant inconnu le croise, les « Go Birds ! » se font immédiatement entendre. Même constat au restaurant quand la serveuse nous remet l’addition. Pas le temps de demander les allégeances, c’est la ville des Oiseaux !

LE PATELIN DE ROCKY

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Photo Stéphane Cadorette

Évidemment, qui dit Philadelphie dit Rocky Balboa, le célèbre boxeur incarné par Sylvester Stallone dans la série de films à succès. Plus grand que nature, ce personnage sorti des rues de Philadelphie dans le milieu des années 1970 fascine toujours. Par une promenade en fin de journée au beau milieu de la semaine, les badauds s’attroupent encore autour de la statue de Rocky, installée en 1982 près du Musée des Arts. C’est Stallone lui-même qui avait fait cadeau de la statue à sa ville d’adoption. Ladite statue avait été déplacée dans le district des sports par la suite, puis ramenée en 2006 près du Musée, où elle avait été rendue célèbre dans le film Rocky III. Un pèlerinage obligatoire pour tout amateur sérieux !

DES EAGLES DANS LES MARCHES

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Photo Stéphane Cadorette

Parlant de Rocky, tout près de sa statue, il est fascinant de constater à quel point les adeptes de la course sont encore nombreux à gravir les 72 marches de pierre du Musée des Arts, comme le faisait le boxeur à l’entraînement, dans le premier film de la série en 1976. Ces joyeux coureurs prennent bien sûr le temps de faire la pause, les bras en l’air comme le pugiliste fictif, une fois au sommet des marches. Cette semaine, les lieux sont habités par des répliques en format géant de joueurs des Eagles, tels Jalen Hurts, Boston Scott et Darius Slay. Oui, même cette grande attraction touristique est Eagles.

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