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Imprévisible!

Clandestines traite de l’avortement...

Clandestines
Photo fournie par Valérie Remise Le personnage de Nahéma Ricci tente de convaincre celui de Sofia Blondin de ne pas se faire avorter dans la pièce Clandestines.

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« Qui trop embrasse mal étreint. » Voilà ce qui caractérise la pièce Clandestines, présentée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui.  

Ce spectacle imprévisible centré sur l’avortement traite parfois avec intelligence de ce sujet, et ce, de manière percutante, mais il se perd dans un récit inutilement chargé.

Cette création est le fruit de la collaboration entre Marie-Ève Milot, qui signe aussi la mise en scène, et Marie-Claude St-Laurent, qui monte également sur les planches. Elles ont imaginé un Canada dystopique où l’avortement n’est permis qu’après avoir été entériné par un comité, une procédure qui vise à décourager les femmes d’interrompre leur grossesse. Dans ce contexte, la clandestinité devient la seule option pour celles qui refusent d’enfanter.

La posture des deux autrices est clairement pro-choix. Avec leur trame, elles dévoilent avec une certaine finesse la stratégie du camp antiavortement, tout en montrant de manière crue les dangers qui surgissent lorsque ce point de vue l’emporte. Certains rappels historiques véridiques, comme la cause de Chantal Daigle, sont d’ailleurs intéressants. 

Trop, c’est comme pas assez...

Ce spectacle, qui dure presque trois heures avec un entracte, est divisé en deux parties. Dans la première, une atmosphère étouffante et tendue prévaut, même si les dialogues manquent de naturel et que le jeu des interprètes est inégal, notamment celui de la jeune Nahéma Ricci, qui s’était fait remarquer dans le film Antigone

Contrairement au premier acte, qui se déroule d’un trait à un seul endroit, la seconde moitié est foisonnante avec l’apparition de plusieurs autres personnages dont les destins se chevauchent. Trop nombreuses et parfois tirées par les cheveux, ces intrigues sont autant de fils qui finissent par se mêler.

Ainsi, Alexandre Bergeron est parfaitement taillé pour son rôle de l’habile politicien pro-vie qui fait avancer sa cause à coup de sourires. Mais les autrices ont transformé ce personnage en satire tellement il agit de manière caricaturale et inconséquente, ce qui affecte l’élan dramatique instauré. 

De son côté, Diane Lavallée est excellente dans la peau d’une militante anti-choix qui fait tout pour convaincre des femmes d’accoucher. Sous les traits d’un avocat torturé entre sa conscience et son devoir, Mattis Savard-Verhoeven se distingue aussi, tout comme Sofia Blondin, qui incarne une femme enceinte qui désire mettre fin à sa grossesse.

Malgré des moments forts et un propos souvent pertinent, cette pièce tente donc de trop vouloir surprendre. Ironiquement, elle est victime d’un des constats qu’elle présente : le mieux est parfois l’ennemi du bien. 


Clandestines est présentée au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 11 février.


Clandestines ★★★☆☆

Une mise en scène de Marie-Ève Milot

Avec Alexandre Bergeron, Sofia Blondin, Sarah Laurendeau, Diane Lavallée, Myriam LeBlanc et Nahéma Ricci.

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