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Transferts en santé: Legault avait prévenu les électeurs contre Trudeau

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Constatant l’échec des négociations pour régler le «déséquilibre fiscal» en santé, François Legault a rappelé, mardi, ses mises en garde contre Justin Trudeau lors des dernières élections fédérales.  

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«Rappelons-nous la dernière élection fédérale, pendant l’élection j’avais dit que M. Trudeau n’était pas ouvert ni à augmenter les transferts en santé, ni à nous donner plus de pouvoirs en immigration. Malgré ça, il est allé chercher une trentaine de députés [au Québec]», a commenté le premier ministre caquiste.  

La veille, le Conseil de la fédération a annoncé qu’il acceptait l’offre d’Ottawa de hausser les transferts en santé de seulement 46,2 milliards $ en 10 ans. Pour le Québec, cela représente une augmentation de seulement 1 milliard $ annuellement, soit six fois moins que le montant réclamé.  

«Ce n’est pas réglé pantoute», a laissé tomber François Legault, rappelant qu’il manquera 5 milliards $ par année pour financer adéquatement les besoins en santé.  

Il invite la population à faire pression sur le gouvernement fédéral, même si la forme que pourrait prendre cet appui populaire demeure floue.  

Mesures à venir

Sans s’y engager, François Legault n’a pas écarté la tenue d’une commission comme celle d’Yves Séguin au début des années 2000, portant sur le déséquilibre fiscal ou la possibilité d’un référendum sectoriel à ce sujet.  

«Il va falloir voir quels sont les moyens de s'assurer qu'on a l'appui de la population. Mais, avant de penser à un référendum sectoriel, il faudrait d'abord que les Québécois puis les Canadiens soient convaincus qu'il y a un problème structurel», a-t-il expliqué.  

M. Legault a aussi de nouveau évoqué les prochaines élections fédérales, mais le Parti conservateur du Canada ne semble pas plus enclin à hausser davantage les transferts en santé.  

Malgré l’impasse, le premier ministre du Québec promet de poursuivre les efforts. «Il va falloir réexpliquer que ce n’est pas tenable à long terme», a-t-il déclaré.  

«On voit de toute évidence qu'il y a un déséquilibre fiscal», plaide-t-il.  

Cette interprétation des données lui a valu une réplique cinglante d’Ottawa.  

«Pendant la pandémie, on a investi 8 dollars sur 10 pour aider les Canadiens à travers le pays, incluant 72 milliards $ directement en santé que le fédéral a investis en plus du 40, 45 milliards $ qu’on envoie chaque année aux provinces», a clamé le premier ministre Trudeau.  

Ce dernier a rappelé que «les provinces sont maintenant en situation de surplus budgétaire pour plusieurs d’entre elles», tandis que le gouvernement fédéral affiche toujours un important déficit.

«Entente à rabais»

Sans surprise, les partis d’opposition ont dénoncé en chœur la maigre récolte de Québec auprès d’Ottawa. Libéraux et péquistes l’ont qualifié d’«entente à rabais».  

Le chef par intérim du PLQ a parlé d’une attitude de «grande résignation» de la part de M. Legault. «Je pense que, dans son comportement, monsieur François Legault, le premier ministre n'a pas démontré la combativité qu'on aurait pu s'attendre [sic]», a déclaré Marc Tanguay.  

Il a toutefois peiné à expliquer comment un gouvernement libéral aurait pu faire mieux. «Le rapport de force est dans la pression politique qu'on peut faire, la pression politique, le fait de dire : "Ça ne passe pas la rampe"», a-t-il dit.  

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, parle pour sa part d’un «échec». «Un échec qui creuse un trou de 5 milliards de dollars dans le budget du Québec. M. Legault a bombé le torse. Il revient la mine basse», a-t-elle lancé en point de presse.  

Le manque à gagner alimente maintenant les craintes dans l’opposition. «Je lui demande une chose, c'est qu'il prenne fermement l'engagement de ne pas couper dans les services publics pour combler ce trou-là», dit Mme Massé.  

La semaine dernière, le premier ministre affirmait que la somme manquante allait rendre l’équilibre budgétaire plus difficile à atteindre et «affecter notre déficit au Québec».  

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