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Une huile québécoise remporte l’or aux olympiques de la gastronomie

PHOTO FOURNIE PAR Olimega
Photo fournie par Olimega Chantal Van Winden lorsqu’elle a reçu l’or aux SiRHA Innovation Awards pour l’huile torréfiée Signé Caméline, une première canadienne.

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Jeune, Chantal Van Winden devait passer beaucoup de temps dans la cuisine pour nourrir les hommes du clan qui travaillaient aux champs de la ferme familiale à Sherrington, dans le sud du Québec. Elle n’avait qu’une envie: sortir de la cuisine.

Qu’elle fabrique aujourd’hui une huile aux multiples vertus, qui est le premier produit canadien à gagner l’or aux SiRHA Innovation Awards, la consécration mondiale en cuisine gastronomique, tient à la fois de l’ironie et du miracle.

«C’est un rêve, ce qui nous arrive! Être sélectionné à la compétition la plus prestigieuse du monde et gagner un prix là-bas est une aventure incroyable!» raconte la présidente d’Olimega, l’entreprise qui commercialise les huiles Signé Caméline.

Fabriquées à partir d’une plante oubliée depuis deux siècles, les huiles d’Olimega, rêve Chantal, pourraient remplacer l’huile d’olive dans toutes nos cuisines. 

«On fait de très bonnes huiles au Québec, mais c’est difficile de leur trouver une place. On porte notre bâton de pèlerin pour les faire connaître», dit-elle.

Torréfiée, l’huile de caméline diffuse des arômes d’arachides et de sésame grillé, ce qui en fait la parfaite compagne de la cuisine asiatique, mais aussi des poissons. Sa grande vertu : elle contient 35 % d’oméga-3, qui aident à réguler la tension artérielle.

La clé des champs

Pour Chantal, qui œuvrait dans le réseau de la santé comme physiothérapeute, la caméline a été un merveilleux prétexte pour retourner à la terre, tout en poursuivant sa mission santé.

Ses parents, des fermiers hollandais malmenés par la guerre, ont immigré au Québec, où ils ont suivi la même voie que d’autres membres de la famille Van Winden, qui avaient commencé à cultiver des terres noires marécageuses dont les gens d’ici ne savaient trop que faire. 

Adolescente, elle aimait ce mode de vie rythmé par les saisons, mais huitième d’une famille de 12, elle n’avait aucune chance d’un jour hériter de la terre.

«Mes parents étaient très traditionnels dans leur façon de voir les choses : il n’y avait aucune place pour une femme en tant que propriétaire de ferme», se souvient-elle sans amertume, mais dans le constat des valeurs d’une autre époque.

Chantal a néanmoins épousé un agriculteur avec qui elle s’est installée dans le village voisin de Saint-Édouard. Quand il a commencé à s’intéresser à la caméline pour la rotation des cultures, ce fut enfin l’occasion pour Chantal de devenir agricultrice à son tour. La caméline s’est révélée merveilleuse pour l’écosystème. Après une année de sa culture, lorsque l’on revient au maïs, le champ est beaucoup plus productif et il y a beaucoup moins de vers fil de fer, des ravageurs habituellement combattus avec des pesticides tueurs d’abeilles. 

Trouver la recette

Mais avant de produire une huile de caméline qui goûte bon, il y a eu beaucoup d’essais, d’explorations et d’erreurs. 

«C’était une mission de ramener cette plante ! On a travaillé à partir du garage, on a lancé notre premier produit et on a testé la réaction. Après deux ans, on a décidé de construire une usine», raconte l’entrepreneure, associée avec d’autres membres de sa famille dans Signé Caméline.

Il a fallu convaincre d’autres agriculteurs de se lancer dans cette culture ; la plupart sont au Témiscamingue. 

Le Japon a été la première terre d’exportation, grâce à une mission commerciale organisée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Après, il y a eu la Chine, la Corée, Singapour, Taïwan. L’Europe se développe maintenant grâce à l’or aux SiRHA Innovation Awards.

Au Québec, Signé Caméline est dans 1000 points de vente, notamment chez IGA, Metro et Avril. Les chefs de 200 restaurants sont fidèles, de Normand Laprise à La Cage Brasserie sportive, qui a éliminé l’huile d’olive pour faire place à l’achat local. 

Olimega 

  • Année de fondation : 2007
  • Fondateurs : Chantal Van Winden et Associés
  • Lieu du siège social : Saint-Édouard
  • Secteur d’activité : Agriculture et alimentation
  • Nombre d’employés : 10

PROFIL DE CHANTAL VAN WINDEN 

  • Poste : Présidente
  • Âge : 52 ans
  • Scolarité : Physiothérapie, Université McGill

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