/news/education
Navigation

Le ventre vide à l'école: des budgets de collations qui varient de 4 $ à 159 $ par élève

Depuis trois ans, toutes les écoles reçoivent de l’argent pour nourrir les élèves

Cantine pour tous
Photo Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal L’aide alimentaire du ministère de l’Éducation varie énormément d’une école à l’autre, et certaines écoles très défavorisées ont quatre fois plus d’argent que d’autres.

Coup d'oeil sur cet article

Le Journal vous propose ce week-end un dossier étoffé sur l’état de l’alimentation des jeunes dans les écoles primaires au Québec.


Les budgets d’aide alimentaire varient énormément d’une école à l’autre, passant de 4 $ par an par élève à 159 $, indique une compilation du Journal.  

« C’est un énorme problème, réagit Danie Martin, coordonnatrice de la Coalition pour une saine alimentation scolaire. Dans l’idée d’un programme universel, les écoles auraient accès de manière équitable à des fonds. » 

Depuis trois ans, toutes les écoles du Québec reçoivent de l’argent (dans le cadre de la mesure appelée 15012) pour nourrir les élèves (collations, déjeuners ou dîners). Chaque école peut distribuer l’argent à sa guise : en visant certains enfants ou de façon universelle. En 2022-2023, le budget provincial est de 39,4 millions $.  

Grâce à la Loi d’accès à l’information, Le Journal a compilé le montant annuel alloué par écolier dans une dizaine de Centres de services scolaires (CSS) partout au Québec. Résultat : certaines écoles ont aussi peu que 4 $ par année, par élève. Les budgets les plus élevés atteignent 159 $ par enfant.  

Aide alimentaire dans les écoles

Budget provincial

Statistiques des budgets alloués aux écoles pour l'aide alimentaire
SOURCE : Ministère de l’ÉDUCATION du Québec

Quatre fois plus  

Or, le financement n’est pas toujours le reflet du seuil de faible revenu de l’école (cotes de 1, la meilleure, à 10). Certaines écoles classées 10 (la pire cote) avaient moins de 35 $ par an par élève, alors que d’autres (qui ont la même cote) ont reçu quatre fois plus, soit plus de 150 $ par enfant. 

À Lévis, l’école Champagnat (cotée 4) a reçu 41 $ par élève, soit beaucoup plus que l’école Saint-Gérard de Montréal (cotée 7) qui a eu 12 $ par enfant.   

«C’est absurde qu’on ait un tel système de cote de défavorisation, et après, l’argent [...] ne suit pas, déplore Mme Martin. Il faut qu’il y ait un meilleur suivi sur la façon dont l’argent [...] est distribué et dépensé.»  

Questionné à ce sujet, le ministère de l’Éducation du Québec a répondu qu’il ne compile pas le financement par élève. Ce sont les CSS qui répartissent les sommes dans les écoles selon des critères (besoins, inégalités économiques, projets éducatifs, etc.).  

Par ailleurs, la Coalition déplore que l’argent ne soit pas toujours bien dépensé.  

« Certains ont commandé de la pizza ou des food-trucks pas santé », déplore Danie Martin. 

Pas de réfrigérateur 

Selon plusieurs intervenants, le problème de cette mesure est surtout logistique : l’achat de nourriture demande du temps et de l’espace. Plusieurs écoles n’ont même pas de réfrigérateur, donc impossible d’acheter des produits périssables.  

Malgré tout, les sommes font une différence dans les écoles.  

« On a salué ça haut et fort, réagit Amélie Pelletier-Houde, directrice de l’école Sainte-Cécile, à Montréal. Depuis deux ans, on est vraiment en mesure d’offrir de vraies collations. [...] Si on avait plus d’argent, on pourrait en offrir encore plus. » 

À noter que certaines écoles ont aussi droit à d’autres mesures d’aide, comme des berlingots de lait. 

- Avec la collaboration de Charles Mathieu 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.