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Intimidés et menacés: des élus municipaux qui servent de «punching bag»

La FQM lance un cri du cœur contre ce phénomène

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Les élus municipaux de partout au Québec ne doivent plus servir de « punching bag » à une partie de la population qui n’hésite plus à les intimider et à les menacer, soutient la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

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Le dernier exemple en date est celui d’Ian Lacharité, maire de Wickham, dans la MRC de Drummond, qui a démissionné de son poste, cette semaine, en évoquant « l’intimidation » et les « menaces » dont sa famille et lui auraient été victimes. La situation aurait dégénéré à la suite de vues divergentes dans le dossier de la desserte incendie. Une plainte est d’ailleurs en voie d’être déposée à la police. « Avec ma conjointe, on a fait un deal. On s’est dit que si ça touche soit ma conjointe soit les enfants, c’est sûr que je quitte parce que je choisis ma famille », a-t-il déclaré hier.

Problème décuplé

M. Lacharité s’est dit déçu de devoir quitter un poste pour lequel il a été dûment élu par la population en 2021. « Je n’ai pas besoin de ça parce que je gagne bien ma vie, a-t-il précisé. Mais une personne dont c’est le revenu premier n’aurait pas eu de revenu et n’aurait pas eu droit au chômage. Du côté de la police, il n’y a aucun programme spécifique pour protéger la famille d’un élu. »

M. Lacharité a soutenu que l’avènement des réseaux sociaux « a décuplé le problème » en donnant une tribune de choix à « du monde qui carbure à la méchanceté ».

Record de démissions

Accompagné d’une vingtaine d’élus municipaux, Jacques Demers, président de la FQM, cosigne aujourd’hui une lettre dans laquelle il donne des exemples de cas inacceptables. Il y est notamment question de pneus d’auto crevés, de lettres d’intimidation et même de menaces contre des enfants d’élus. 

« Il n’y a jamais eu autant d’élections [partielles] après les élections [générales] parce qu’on n’a jamais vu autant de démissions. L’intimidation est un élément qui semble de plus en plus évident et il y a un sentiment d’urgence d’agir », a-t-il relaté.

D’après lui, « il y a deux ans, on était à courir après les jeunes et les femmes pour qu’ils s’impliquent dans le monde municipal. Dans deux ans, c’est ce qu’on va faire encore. Il est grand temps qu’on soit capable de travailler spécifiquement sur ce dossier-là ». Pour Stéphanie Lacoste, préfète et mairesse de Drummondville, ce phénomène est de plus en plus inquiétant. « C’est pas parce qu’on accepte de prendre une charge publique que ça donne le droit aux gens de faire preuve de violence », a-t-elle insisté.

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