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EN IMAGES | La «France brûle» et le monde regarde : la situation de l'Hexagone vue depuis l'étranger

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Interrogations sur l'avenir du système politique français, constat de l'ampleur des débordements, regard goguenard ou appel à la prudence : dans le monde, la situation en France face à la réforme des retraites donne lieu vendredi à un large éventail de réactions.

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Après l'annonce vendredi du report de la visite d'État du roi Charles III en France, la presse britannique multiplie les références à la Révolution française. Le Daily Telegraph met en Une de son site un graffiti photographié sur les murs de Paris, «Charles III connaissez-vous la guillotine ?», après avoir relevé la situation d'«anarchie en France».

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Alertant face au risque que la France vote «populiste» en choisissant Marine Le Pen en 2027, le quotidien économique Financial Times plaide pour une sixième République «moins autocratique» que la cinquième et qui renforce le rôle du Parlement.

La Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic, s'est alarmée vendredi d'un «usage excessif de la force» envers les manifestants contre la réforme des retraites, appelant la France à respecter le droit de manifester.

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Le quotidien El Pais titre : «la rage prend le dessus dans la rue en France».

Le gouvernement de gauche, qui a adopté sa propre réforme des retraites, a estimé que la France avait trop tardé à s'attaquer à ce dossier, tandis que le chef du principal parti d'opposition (parti populaire, PP) Alberto Nuñez Feijoo a semblé soutenir la réforme d'Emmanuel Macron.

«Retraites : la France brûle», s'alarme le quotidien romain Il Messaggero en publiant une photo de l'entrée de l'hôtel de ville de Bordeaux en proie aux flammes.

«La France dans la rue : journée de colère», écrit le Corriere della Sera, notant que «des journées difficiles s'annoncent».

Parmi les rares réactions politiques, celle de l'ancien Premier ministre Matteo Renzi, à la tête d'une formation centriste, a tweeté un message de soutien à M. Macron, en français : «Il y a un leader en Europe qui ne regarde pas aux [sic] sondages, mais aux choix d'avenir, pour son pays et pour les nouvelles générations. Je suis fier de notre amitié, bravo, monsieur le président !».

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«Les Français sont beaucoup plus durs que les Italiens. Ils sont beaucoup plus attentifs à leurs droits (...). J'espère qu'ils réussiront à empêcher la réforme», commente à Rome Margherita Gaetani, une retraitée de 77 ans.

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Comme au moment des manifestations des «gilets jaunes», les médias d'État russes diffusent abondamment les images des heurts entre policiers et manifestants, des interpellations brutales, des rues pleines des fumées dégagées par des poubelles en flammes ou par le gaz lacrymogène, donnant l'image d'un pays au bord du chaos.

D'autres médias diffusent clairement de fausses informations. «Des employés du secteur de l'énergie ont coupé l'électricité des commissariats de Paris. Le système de caméras de surveillance a arrêté de fonctionner», assure un reportage vendredi sur la chaîne d'informations en continu Rossia 24.

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La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, n'a pas manqué de faire des commentaires, dans une critique du soutien militaire de la France à l'Ukraine. «Et quand est-ce que Macron va commencer à livrer des armes aux citoyens français pour soutenir la démocratie et la souveraineté du pays ?», a-t-elle demandé sur Telegram.

La télévision publique hongroise évoquait jeudi soir une «atmosphère révolutionnaire» en France.

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Sans déconseiller les voyages en France, l'ambassade des États-Unis appelle les ressortissants américains à «éviter les manifestations», à quitter les endroits à proximité des violences s'ils y sont présents et en particulier à prendre garde à ne pas se retrouver entre les manifestants et la police.

En plein coup de froid entre Rabat et Paris et s'inscrivant dans le cadre d'une «crise silencieuse» alimentée par une virulente campagne de presse antifrançaise depuis des semaines, certains médias et sites proches du pouvoir font leur miel des difficultés d'Emmanuel Macron, en s'abritant le plus souvent derrière des articles de journaux français et internationaux.

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L'agence de presse officielle MAP a évoqué «un président sur la sellette» au lendemain de son interview télévisée.

L'Iran, où plusieurs centaines de personnes ont été tuées et des milliers arrêtées ces derniers mois au cours de manifestations, a condamné ce qu'il a appelé «la répression des manifestations». «Nous appelons le gouvernement français à respecter les droits de l'Homme et à s'abstenir de recourir à la force contre le peuple de son pays qui poursuit pacifiquement ses revendications», a tweeté en français le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian.

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