/opinion/blogs/columnists
Publicité

Bilinguisme: 800 millions pour une fausse minorité

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau Photo d’archives, AFP


Ottawa a annoncé récemment qu’il allait consacrer 4,1 milliards de dollars pour promouvoir le bilinguisme sur cinq ans, dont 800 millions pour la «minorité anglophone» du Québec. Plusieurs commentaires s’imposent.

D’abord la «minorité anglophone» du Québec n’existe pas. Au Canada il y a la majorité canadienne-anglaise, la minorité nationale francophone et les Premières Nations. Les Canadiens anglais du Québec font partie de la majorité.

C’est notamment à Pierre Trudeau que l’on doit le concept de minorité pour les anglophones. Durant son règne, il a mis en place les principes d’un régime linguistique qui n’a pratiquement pas changé. Le père de Justin a établi une symétrie entre «la minorité anglophone» du Québec et nos frères francophones des autres provinces. Les Québécois francophones sont ainsi élevés au rang de «majorité»... susceptible bien sûr de brimer les droits de «la minorité».

Un peuple conquis

Dans cette perspective, le rôle du gouvernement national des Canadiens anglais, Ottawa, est de protéger «la minorité». En termes concrets, cela veut dire permettre aux Anglais de vivre dans leur langue au Québec, sans devoir parler français, la langue du peuple qu’ils ont conquis en 1759.

L’argent d’Ottawa (qui vient de nos impôts) vise aussi à angliciser les immigrants. Cela accélère le processus d’assimilation des Québécois qui est déjà commencé.

Parallèlement, les Canadiens anglais se fichent complètement des francophones hors Québec. Personne ne peut vivre en français dans le Canada. J’ai vécu en Ontario et constaté de visu les ravages de l’assimilation. Nos frères qui parlent encore français – il y en a de moins en moins – peinent à s’exprimer dans la langue de Molière, qui leur est devenue étrangère. Quand les Canadiens anglais ne se foutent pas de cette situation, ils s’en réjouissent!

Hypocrisie bilingue

Le bilinguisme reflète l’hypocrisie du régime. Tandis que les fédéraux imposent le bilinguisme au Québec, ils font semblant que le ROC est bilingue, même s’ils savent que c’est faux.

La fourberie ne s’arrête pas là. Ottawa donne des milliards aux francophones hors Québec, même si leur assimilation est inévitable – comme la nôtre risque de le devenir – pour des raisons politiques. Il s’agit de nier le caractère national de notre province, la seule où nous pouvons vivre en français. Cette réalité nourrit le nationalisme québécois depuis des générations. Le fédéral maintient donc la fiction d’un pays bilingue partout pour pouvoir nier le caractère distinct du Québec.

La disparition de notre culture prendra encore un peu de temps, mais, à moins d’un sursaut national, elle est inéluctable. Cette mort lente doit toutefois s’accélérer, selon certains. Au Nouveau-Brunswick le premier ministre Blaine Higgs affirme que les unilingues comme lui sont victimes d’injustice! Son gouvernement s’attaque donc à la langue des Acadiens, notamment dans le domaine des soins de santé.

Il faut dire que l’exemple vient de haut. En 2019 Ottawa a nommé un lieutenant-gouverneur unilingue dans la province. Le gouvernement fédéral a d’ailleurs été condamné par un tribunal néo-brunswickois. Justin Trudeau a violé les droits linguistiques de sa propre charte!

C’est fascinant à ce sujet de voir à quel point le ROC nous fait la morale avec cette charte qu’il nous a imposée en 1982. Les Québécois seraient de méchants violeurs de droits!

En réalité, c’est la majorité canadienne-anglaise qui s’attaque au français. Et elle viole la constitution pour y parvenir!







Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.