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Le sénateur Pratte admet que son double emploi a déclenché une réflexion

Le sénateur André Pratte
PHOTO AGENCE QMI, GUILLAUME ST-PIERRE Le sénateur André Pratte

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 André Pratte soutient que la chambre haute est désormais en réflexion sur les conflits pouvant découler du droit au double emploi dont jouissent les sénateurs. C’est entre autres ce qu’il a déclaré dans une entrevue jeudi à l’émission Là-haut sur la colline à QUB radio.  

 L’ancien éditorialiste, nommé sénateur en 2016, s’est d’ailleurs excusé de nouveau pour avoir eu des rencontres dans les bureaux de Power Corporation à Montréal, dont il a été un employé jusqu’à l’automne 2018. 

 Il avait exprimé ses regrets une première fois il y a quelques semaines après que le conseiller à l’éthique du Sénat eut soutenu que M. Pratte s’était placé en «apparence de conflits» puisqu’il travaillait pour la multinationale en même temps qu’il siégeait comme sénateur. 

 En mars dernier, notre Bureau d’enquête révélait que le sénateur avait reçu 13 personnes dans son bureau de Power corporation .     

 M. Pratte s’est défendu en expliquant que pour éviter les conflits d’intérêts, il s’était retiré de tous les dossiers en lien avec Power Corporation, dont les assurances et les médias.   

 Dans celui des médias, il affirme n’avoir «absolument rien fait, à Ottawa comme sénateur».  

 «J’ai refusé de rencontrer des gens qui voulaient me sensibiliser à ce dossier-là. Je n’ai jamais parlé à quiconque du gouvernement, je n’ai jamais parlé au sénat de cette question-là. Il y a un comité qui a étudié la question, je n’en faisais pas partie, justement parce que je voulais éviter toute possibilité de perception de conflits d’intérêts» , a-t-il déclaré jeudi au microphone d'Antoine Robitaille. 

 Or, en voulant éviter d’être en conflit, M. Pratte a admis avoir dû décliner des rencontres avec les groupes qui lui demandaient de l’aide.    

 Il admet que son cas suscite une réflexion et qu’une révision du code d’éthique pourrait déboucher sur la fin du droit au double emploi. 

 «Maintenant, c’est une question à poser, et à la suite de ce qui est arrivé, il y a bien des gens qui se posent cette question-là parce que, comme je vous dis, il y a plusieurs sénateurs et sénatrices qui poursuivent une carrière d’avocat ou siègent sur des conseils d’administration, parfois d’organismes charitables, mais parfois de grandes entreprises aussi, ou des musées ou de toutes sortes de secteurs d’activités, parce que les sénateurs viennent de toutes sortes de milieux», a-t-il expliqué.     

 Au cours de l'entrevue, M. Pratte a reconnu la faible légitimité des sénateurs, mais a soutenu qu’ils doivent remplir au mieux leur rôle constitutionnel.

À la question «accepteriez-vous de travailler bénévolement au sénat», comme les membres de la Chambre des lords au Royaume-Uni, il a répondu qu’il refuserait, car tout travail mérite un salaire. Il s’est toutefois dit ouvert à une réduction du salaire des sénateurs.

Enfin, s’il avait été au sénat en 1982 au moment du rapatriement et de la réforme constitutionnelle par Trudeau père, il se demande si les sénateurs auraient vraiment pu jouer leur rôle de défenseur des intérêts du «gouvernement du Québec». 

 
«Je regrette vivement que le Québec n’ait pas signé la constitution. J'estime que c'est un vide majeur qui devrait être corrigé le plus rapidement possible. Probablement que j’aurais voté contre cette réforme-là si j’avais été sénateur à ce moment-là», a-t-il répondu.  

  •  ÉCOUTEZ Antoine Robitaille débattre avec le sénateur André Pratte du rôle des sénateurs et de leur légitimité à Ottawa:          

 

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