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Boissons alcoolisées sucrées: Santé Canada s’est «donné raison» en «n’écoutant personne», affirme le directeur général d’Éduc’alcool

EDUC-ALCOOL, HUBERT SACY
Photo les archives, Didier Debusschère Hubert Sacy

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Réagissant à l’entrée en vigueur ce jeudi de la nouvelle réglementation concernant les boissons alcoolisées sucrées, le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, s’est montré largement déçu de la prise de position de Santé Canada, la qualifiant d’«absolument incompréhensible».  

«Ils se sont donné raison à eux-mêmes en n’écoutant personne depuis quatre mois. [...] Le coroner a dit la même chose que nous, le papa d’Athéna Gervais a dit la même chose que nous, tous les organismes d’éducation et de prévention ont dit la même chose que nous, mais Santé Canada et la ministre ont décidé qu’ils avaient raison», a-t-il tonné en entrevue à QUB radio.

Invité au microphone de Mario Dumont, M. Sacy a rappelé que son organisme avait demandé au gouvernement fédéral de limiter la teneur en alcool des boissons de type FCKD UP ou Four Loko à l’équivalent d’une seule consommation.

Or, Santé Canada a plutôt décidé de plafonner le taux d’alcool de ce type de breuvages à l’équivalent d’une consommation et demie, s’attirant du coup les critiques et l’incompréhension d’Éduc’alcool et de son directeur général.

«Personne ne sait d’où vient le verre et demi en question. [...] Vous allez me dire: est-ce que c’est mieux un verre et demi plutôt que quatre comme c’était avant? La réponse, c’est oui. Mais, la question, c’est: est-ce qu’un verre c’est mieux qu’un et demi? Et la réponse, c’est encore plus oui», a-t-il suggéré.

En ce sens, ce dernier juge que la plupart des Canadiens associent de facto une canette de boisson alcoolisée à une consommation et non à une consommation et demie.

«Santé Canada doit se placer sous l’angle des consommateurs, doit se placer sous l’angle des jeunes, doit se demander comment est-ce que les gens réfléchissent», a-t-il souligné.

M. Sacy a également déploré la décision de Santé Canada de ne pas réglementer les étiquettes et les emballages de ces boissons, qui, d’après lui, visent souvent les jeunes.

«On ne veut pas que les étiquettes soient laides. Il y a des étiquettes qui sont superbes, notamment chez les microbrasseries qui font vraiment preuve de beaucoup de créativité, mais quand tu les regardes, tu vois que ça s’adresse à des adultes. Ici, c’est clair que ça s’adressait à des jeunes et c’est pour ça qu’on dit que ça prend une protection particulière», a-t-il soutenu.

Ceci dit, M. Sacy se défend de vouloir tomber dans un excès de réglementation et, ainsi, de mettre tous les jeunes dans le même panier.

«C’est clair qu’il y a plein de jeunes qui sont responsables. C’est clair que tous les jeunes ne volent pas de l’alcool dans les dépanneurs et dans les épiceries. La question n’est pas là. La question est de se dire: quelle est la meilleure réglementation pour encadrer ces produits-là», a-t-il lancé, ajoutant qu’une bonne solution aurait pu être de limiter la vente de ces produits à la Société des alcools du Québec (SAQ) seulement.

ÉCOUTEZ l’entrevue du directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, à QUB radio:

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