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Les employés de soutien les plus touchés par la violence à l’école

À la Commission scolaire des Découvreurs, 142 gestes ont été rapportés

Des représentants des syndicats d’employés de soutien étaient réunis jeudi pour faire diminuer les gestes de violences dans les écoles. Sur la photo, Isabelle Larouche (à gauche), présidente du syndicat des employés de soutien des Découvreurs, Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la Fédération des employés de services publics et Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec, Chaudière Appalaches CSN.
Photo Stevens Leblanc Des représentants des syndicats d’employés de soutien étaient réunis jeudi pour faire diminuer les gestes de violences dans les écoles. Sur la photo, Isabelle Larouche (à gauche), présidente du syndicat des employés de soutien des Découvreurs, Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la Fédération des employés de services publics et Yves Fortin, secrétaire général du Conseil central de Québec, Chaudière Appalaches CSN.

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La Commission scolaire des Découvreurs a enregistré l’an dernier pas moins de 142 actes de violence portés sur les membres de son personnel, dont la plupart sont des employés de soutien.

Techniciens en éducation spécialisée, éducateurs au service de garde, préposés aux élèves handicapés et surveillants d’élèves... au cours de l’année 2017-2018, ces employés ont déclaré 105 actes de violence dont ils ont été victimes de la part d’élèves, selon le syndicat qui les représente.

Au total, 142 cas ont été rapportés pour l’ensemble du personnel dans cette commission scolaire qui couvre l’ouest de la région métropolitaine de Québec.

Les 37 autres cas concernent des enseignants, des professionnels ou encore du personnel de direction.

Il s’agit des cas qui ont été consignés dans des rapports d’incidents, ce qui exclut tous les autres événements qui n’ont pas été déclarés « parce que les gens n’ont pas le temps de remplir de la paperasse » ou parce que la situation n’a pas été jugée assez importante, précise Isabelle Larouche, présidente du syndicat des employés de soutien des Découvreurs.

« Ce qu’on entend beaucoup c’est : “Je me suis fait mordre aujourd’hui, mais ce n’est pas grave, je ne prendrai pas le temps de le déclarer” », lance-t-elle.

Manque de ressources

Mme Larouche ne rejette toutefois pas la faute sur l’employeur pour la situation actuelle, mais plutôt sur le gouvernement pour le manque de ressources, qui peut engendrer des situations de violence.

« Il faut cesser de taper sur les commissions scolaires, c’est en haut que ça se passe. L’argent vient d’en haut », précise Mme Larouche, qui a tenu à souligner la « bonne écoute » de sa commission scolaire dans ce dossier.

De son côté, la commission scolaire des Découvreurs a préféré jeudi ne pas commenter ces chiffres. Un porte-parole a toutefois précisé qu’en 2018, deux actes de violence commis envers le personnel ont mené à des réclamations à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Violence en hausse

Selon d’autres représentants d’employés de soutien du réseau scolaire, les cas de violences sont en hausse dans les écoles québécoises. Le manque de ressources est montré du doigt.

« La multiplication des gestes de violence visant notamment le personnel de soutien des écoles et l’augmentation des jeunes présentant des comportements violents doivent interpeller sérieusement tous les acteurs du domaine de l’éducation », affirme Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la Fédération des employés de services publics (FEESP-CSN).

En vue de la prochaine ronde de négociations dans le secteur public, les syndicats réclament des « solutions concrètes ». « Dans certaines commissions scolaires, on recense plusieurs actes de violence par jour », indique Mme Charland.

Actes de violence recensés à la commission scolaire des Découvreurs

(2017-2018)

  • 105 cas parmi les employés de soutien (techniciens en éducation spécialisée, éducateurs au service de garde, préposés aux élèves handicapés et surveillants d’élèves)
  • 37 cas parmi les enseignants, professionnels ou personnel de direction

Total : 142 cas

Source : syndicat des employés de soutien des Découvreurs