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Interdiction du plastique à usage unique: «Cela peut sonner la fin pour des entreprises»

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 L’intention d’Ottawa d’interdire le plastique à usage unique à travers le pays dès 2021 pourrait annoncer la mort de certaines entreprises québécoises, estime le directeur général de la Vallée de la Plasturgie qui aurait aussi aimé un délai plus long.

 «Pour certaines compagnies, cela peut sonner la fin. Il y a des entreprises qui sont exclusivement dans le plastique jetable», avance au Journal Simon Chrétien. «Ils devront réorienter leurs activités, mais cela ne laisse pas beaucoup de temps», ajoute celui qui espère que le gouvernement fournira rapidement plus de précisions sur sa définition de produits à usages uniques. 

 «On va mettre le pain dans quoi? Dans un hôpital, il y a beaucoup de produits à usage unique. Elle est où la limite?» demande-t-il. 

 Selon le directeur général, l’annonce du gouvernement Trudeau à quelques mois des élections n’est pas une surprise, bien qu’il s’attendait à ce que le provincial réagisse en premier. Il affirme que plusieurs joueurs dans l’industrie du plastique développent déjà depuis des années des solutions plus saines pour l’environnement.   

 Toutefois, il y a un prix à payer, et souvent, la facture est refilée aux consommateurs. 

 «Le plastique est un matériel du vingtième siècle, il faut maintenant l’amener au vingt et unième siècle. Il y a encore beaucoup de choses qui peuvent être faites, mais les utilisateurs ne sont pas prêts à payer plus cher pour des résines compostables», déplore le directeur général. «Tu ne peux pas remplacer le plastique demain matin par n’importe quoi et tu ne règles pas nécessairement le problème», poursuit-il, espérant que le gouvernement rencontre au cours des prochains mois les acteurs de l’industrie. 

 Ce dernier donne comme exemple la Ville de Vancouver qui avait annoncé en mai 2018 qu’elle souhaitait bannir les pailles de plastique et les contenants en styromousse en juin 2019. Récemment, elle a choisi de repousser cette mesure en 2020 afin de prendre le temps de développer des produits de rechange. 

 Rôle des consommateurs

 M. Chrétien s’interroge aussi sur le rôle des consommateurs, des entreprises utilisant des produits de plastique et des municipalités. Il affirme qu’un travail de sensibilisation doit également être réalisé et que les solutions entourant le recyclage auraient intérêt à être bonifiées. 

 «La problématique n’est pas dans la matière ou l’utilisation, c’est dans la gestion de fin de vie. Le plastique ne va pas dans l’océan tout seul», fait-il valoir. «Lorsque tu vas près d’un lac, il y a parfois des bouteilles et des canettes de bière. On parle du plastique, car il flotte sur l’eau et les autres déchets coulent. Le public a une grande responsabilité. Le plastique peut être récupéré des milliers de fois», ajoute-t-il. 

 Lundi, le premier ministre Justin Trudeau a souligné que moins de 10% des plastiques sont actuellement recyclés au Canada. Il souhaite au cours des prochains mois qu’Ottawa se penche sur la liste des articles qui seront interdits. 

 Plan de recyclage

 Le fédéral a aussi l’intention d’exiger des entreprises qu’elles se dotent d’un plan de recyclage. 

 «À la fin, ce sont les consommateurs qui vont payer», prévient M. Chrétien, qui ne s’oppose pas à cette mesure. Il tient toutefois à donner l’heure juste. 

 La Vallée de la Plasturgie représente 62 entreprises dans la région de Chaudière-Appalaches.