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La coupe Stanley des Flames a 30 ans

CalFlames
Al Charest/Calgary Sun/QMI Agency

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Certains partisans du Canadien de Montréal ont encore en mémoire un événement qu’ils aimeraient bien garder dans les méandres de l’oubli : la coupe Stanley remportée par les Flames de Calgary au vieux Forum il y a exactement 30 ans.

Le tout se passait le 25 mai 1989, jour où les deux grandes puissances de la Ligue nationale de hockey cette saison-là ont fait un maître. Ce fut d’ailleurs l’unique fois de l’histoire qu’une équipe visiteuse a commis le «sacrilège» de gagner le précieux trophée au coin des rues Atwater et Sainte-Catherine. 

La plupart des amateurs québécois âgés de 40 ans et plus se rappellent le gain de 4 à 2 des Flames dans la sixième partie du tour ultime, un triomphe marqué par une séquence en particulier : le but de Lanny McDonald inscrit en deuxième période. Ce filet a constitué le chant du cygne du hockeyeur à la moustache bien fournie. 

«Je n’ai jamais visionné la vidéo complète de cette rencontre, mais je peux fermer mes yeux et revoir le tout. Nous avions clairement une poussée à trois contre deux. [...] En regardant des séquences de Patrick Roy, on savait qu’il plaçait ses épaules très haut sur ses déplacements latéraux. La seule option pour le battre, c’était de lancer dans la partie supérieure du filet. Quand la rondelle est arrivée sur mon bâton, j’ai lancé et je savais que je venais de le déjouer», a expliqué l’ex-numéro 9 au réseau Sportsnet. 

Duel au sommet

À l’époque, la finale mettait aux prises les deux meilleures équipes au classement général du circuit. Calgary avait récolté 115 points, soit deux de plus que la troupe dirigée par l’entraîneur-chef de première année Pat Burns. 

Aussi, la formation albertaine souhaitait fermement venger son échec encaissé aux mains du Tricolore lors de la finale 1986, durant laquelle Roy avait soulevé la coupe et le trophée Conn-Smythe sur la patinoire du Saddledome. Et elle espérait également donner un peu la réplique à ses ennemis jurés de sa province, les Oilers d’Edmonton, qui avaient été sacrés en 1987 et 1988. 

Cependant, la mission des Flames avait été des plus périlleuses. Les hommes de l’instructeur-chef Terry Crisp s’étaient de peine et de misère sortis du pétrin en défaisant les coriaces Canucks de Vancouver en prolongation du septième match de la série de premier tour. Après avoir liquidé les Kings de Los Angeles et les Blackhawks de Chicago, Calgary s’est retrouvé face à Roy et au Canadien. 

 

 

«Après 1986, je n’avais jamais rêvé que ça nous prendrait trois ans pour retourner en finale. On pensait miser sur une équipe championne en 1987 et l’année suivante également. Mais ça vous donne une idée à quel point c’était difficile de gagner et que la ligne entre la victoire et la défaite restait mince. C’est ironique de finir contre la même équipe qu’en 1986», a mentionné l’ancien attaquant Lanny McDonald au réseau Sportsnet. 

«On se sentait très à l’aise avant de commencer la série, je pensais qu’on formait le meilleur club. Nous avions gagné en 1986, l’expérience était là et nous misions sur de bons vétérans ayant remporté la coupe auparavant», a de son côté affirmé l’ex-porte-couleurs du Tricolore Guy Carbonneau. 

Grosse machine

Ce dernier avait certes confiance, mais les Flames possédaient une force de frappe importante. Leurs éléments-clés sont pour le moins connus des partisans : Al MacInnis, Doug Gilmour, Joe Mullen, Theoren Fleury, Gary Roberts et Joe Nieuwendyk. Devant le filet, Mike Vernon avait acquis un bon bagage depuis sa défaite en tant que recrue aux mains de Roy trois ans plus tôt. 

Néanmoins, Montréal a pris les devants 2 à 1 dans la confrontation, entre autres, grâce à Ryan Walter, auteur inattendu d’un but en deuxième prolongation lors du troisième match. «Perdre cette partie nous a davantage frustrés qu’assommés. On considérait tous que la victoire nous revenait», a indiqué Joel Otto, un spécialiste des mises au jeu des Flames en 1989. 

C’est ainsi que Calgary est revenu en force pour empocher les trois matchs suivants, incluant deux au Forum. L’équipe vêtue de rouge a certes triomphé, mais c’est McDonald qui a été le grand gagnant, lui qui a terminé avec le seul championnat de sa carrière. 

«Lanny a probablement été le meilleur capitaine que j’ai eu. Et j’en ai connu plusieurs. Mais lui, il se démarquait. Il est une personne spéciale, a expliqué Vernon. On avait le sentiment que c’était sa dernière année et nous étions fiers de le voir compter un but et de quitter avec style.» 

«Voir Lanny gagner ne fut pas plaisant ce soir-là, mais avec quelques semaines ou mois de recul, on a oublié cela. C’était vraiment bien pour lui», a pour sa part précisé Carbonneau.