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Le chant du cygne pour Luc Brodeur-Jourdain

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Après 12 saisons avec les Alouettes de Montréal, le Québécois Luc Brodeur-Jourdain prendra sa retraite cette semaine. Il disputera jeudi, à l’occasion du match d’ouverture local face aux Tiger-Cats de Hamilton, sa toute dernière rencontre en carrière.

Ayant expliqué à de nombreuses reprises au cours des dernières années qu’il y allait un jour à la fois, le joueur de ligne offensive a indiqué lundi qu’il avait finalement décidé de passer à autre chose après une bonne discussion avec le directeur général Kavis Reed.

Toujours aussi lucide, LBJ a notamment justifié sa décision par le fait qu’il ne veut pas ralentir la reconstruction de l’équipe et qu’il ne veut pas empêcher un jeune joueur d’avoir sa chance.

«Ça fait quatre ans, je crois, qu’on se pose la question à chaque fin de saison. Je ne vis pas dans le déni, a dit le centre au terme de l’entraînement des siens. J’accepte entièrement la situation. C’est sûr que c’est une étape de ma vie qui se termine, mais je suis prêt à le faire.»

«Évidemment, je suis un vétéran, j’ai 36 ans et la fenêtre d’opportunité s’est rétrécie à son minimum, a-t-il concédé. Et puis, je prends une place dans la formation. Tant et aussi longtemps qu’il y a un vieux vétéran de 36 ans qui ne joue pas au sein de la formation, c’est un jeune de 24 ans qui n’a pas de place.»

Émotif

Brodeur-Jourdain a disputé 168 matchs dans la Ligue canadienne de football (LCF), tous avec les Moineaux. De ce nombre, il a obtenu 126 départs. Il s’est taillé une place au sein de l’équipe d’étoiles de la section est en 2012 et en 2014, puis il a remporté deux coupes Grey consécutives en 2009 et en 2010.

Il gardera ainsi de nombreux excellents souvenirs de sa carrière d’athlète, lui qui souhaite poursuivre son association avec l’équipe.

«Vivre une parade sur la rue Sainte-Catherine, c’est un moment marquant. Voir son fils le matin et jouer en après-midi, c’est marquant. Se déchirer des ligaments et un ménisque, revenir dans le match parce que tu penses que c’est ton dernier, puis jouer encore quatre ans, c’est marquant...», a-t-il énuméré, non sans retenir quelques larmes.

Mais ce qui lui manquera le plus, c’est la camaraderie présente au sein d’une équipe de football. «Je ne crois pas la revivre pour le restant de ma vie. Ç’a toujours été un plaisir, même si les dernières années ont été difficiles. J’ai eu de très bons coéquipiers et de très bonnes personnes dans mon environnement au fil des ans. C’est un environnement avec une soixantaine d’adolescents, même si on est dans la trentaine!»

Jeudi, Brodeur-Jourdain aura l’occasion de faire ses adieux à ses coéquipiers et ses partisans à titre de joueur des Alouettes. Rayé de la formation lors des deux premières rencontres de la saison, il sera utilisé jeudi, même s’il assure qu’il n’a rien demandé et que l’important était de gagner.

L’entraîneur-chef Khari Jones a par ailleurs indiqué qu’il jonglait avec l’idée de l’utiliser dès le premier jeu offensif, au stade Percival-Molson.

«Nous sommes simplement heureux de célébrer sa grande carrière», a dit Jones.

Un ambassadeur à vie

Véritable ambassadeur de l’équipe auprès des partisans et des journalistes, Luc Brodeur-Jourdain espère maintenant demeurer dans le giron des Alouettes de Montréal, peu importe le rôle qu’on lui confiera.

S’il reconnaît qu’un poste d’entraîneur pourrait lui permettre de continuer à faire ce qu’il aime, il croit toutefois que l’horaire n’est pas adapté à sa vie de famille.

«Il y a des pourparlers pour que je demeure dans l’organisation, mais dans quelle fonction, ce n’est pas encore déterminé, a révélé le centre. J’ai toujours aimé partager à la fois mon savoir, mon vécu et les techniques de football, donc c’est sûr que la vocation d’entraîneur m’intéresse.»

«Je ne suis pas sûr encore. C’est un horaire différent et ma réalité familiale n’est pas nécessairement adaptée à une vie d’entraîneur. Mais je vais voir avec l’organisation ce que je peux faire, que ce soit un travail de recruteur ou autre chose. J’ai encore envie d’aider l’équipe et de les appuyer pendant plusieurs années encore.»

Irremplaçable?

Pour Khari Jones, qui occupe actuellement par intérim le poste d’entraîneur-chef du club, Brodeur-Jourdain a été et est encore une pièce importante du casse-tête des Alouettes. Il estime que le vétéran sera difficile, voire impossible, à remplacer.

«C’est un guerrier. C’est un joueur intelligent qui donne tout sur le terrain. Il adore le football. Il arrive tôt à l’entraînement, il part tard, il fait tout ce qu’il faut pour être un bon joueur de football. Même s’il ne joue pas, son approche est toujours la même», a vanté le pilote.

«C’est bien d’avoir ce genre de joueur dans l’équipe et il a été très utile pour les jeunes joueurs. Je ne sais pas si on peut le remplacer.»

Jones a par ailleurs avancé que LBJ a tous les atouts nécessaires pour connaître du succès dans un rôle au sein du personnel d’entraîneurs.

«Nous verrons! Il pense comme un entraîneur. Il est intelligent et connaît le football. Si c’est l’option que nous choisissons, il sera un atout. Nous allons en parler après le match de jeudi.»

«Il est extrêmement intelligent, côté football. Il voit bien les choses sur le terrain. Il est capable de diriger les gens, il a une bonne communication. Un jour, s’il ne devient pas un entraîneur, il sera un analyste, ou quelque chose du genre», a pour sa part promis Kristian Matt, son coéquipier depuis près d’une décennie.

«Comme organisation, nous allons nous assurer que Luc aura la chance de faire la transition, mais nous n’avons pas encore pris de décision», a confirmé le directeur général Kavis Reed.